À Nice, une confrontation politique s’est déployée de manière très directe entre le maire sortant, Christian Estrosi, et Eric Ciotti, qui apparaît comme un soutien fidèle au Rassemblement National. Un sondage publié récemment a provoqué un retentissement spectaculaire, comparable à une bombe médiatique.
À deux semaines du scrutin, l’issue à Nice demeure incertaine. On aurait pu penser qu’un quatrième mandat offrirait au maire sortant une position confortable, mais un sondage récent remet tout en question: Eric Ciotti, soutenu par le Rassemblement national, devance Christian Estrosi de quelque dix points. Estrosi, qui dénonce une manipulation et conteste la méthodologie, voit pourtant ce résultat provocar un véritable choc.
Confrontation sans pitié
Les échanges entre les deux prétendants se succèdent en rafales, entre attaques personnelles, procédures judiciaires et coups bas. Tel esprit de rivalité envahit même les colonnes de la presse locale, qui a vu chacun signer une charte de bonne conduite. Cela n’empêche toutefois pas les échanges frontaux et une campagne souvent au-dessous de la ceinture, au point qu Estrosi, appuyant sa défense d’un certificat médical, doit démentir une rumeur insistante sur une maladie de Parkinson.
Sur le fond, le duel reste aussi féroce: lorsque le maire sortant publie ce qu’il appelle « le bilan noir » de la gestion de Ciotti, alors président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Ciotti réplique en évoquant le « livre noir » de l’administration dirigée par Estrosi à Nice depuis 2008.
Des anciens alliés devenus adversaires
Le temps des liens autrefois forts entre ces deux anciens soutiens de Nicolas Sarkozy semble révolu. Ciotti avait commencé sa carrière politique comme assistant parlementaire de Estrosi. La rupture s’est renforcée, d’autant plus après le ralliement de Ciotti à Marine Le Pen. À présent, Estrosi est perçu comme le candidat de la droite dure, tandis que Ciotti se présente comme le représentant d’un courant pro-Macron, puisqu’il avait soutenu le Président dès 2017.
Brouiller les pistes pour mieux régner
Ciotti reste notamment discret sur son alliance avec le RN, présentant pour l’élection une liste « sans étiquette ». Récemment, il a toutefois posé aux côtés de François Fillon lors d’une photo publique, ce qui ne fait qu’enchevêtrer davantage les cartes, d’autant que les soutiens se croisent entre camps adverses: Les Républicains soutiennent Estrosi, mais le dirigeant des LR dans le département a récemment rejoint Ciotti.
Le point commun entre les deux figures, c’est leur capacité à semer la zizanie au sein de leur ancien parti, LR.
Sont également candidats : Juliette Chesnel-Le Roux (Écologiste-PS-PC) : Unis pour Nice ; Mireille Damiano (LFI) : Nice Front Populaire ; Céline Forjonnel (sans étiquette) : Nice Démocratie Directe ; Cédric Vella : Reconquête !, Estelle Jaquet : Lutte Ouvrière.
À retrouver également dans ce journal des municipales :
- À Marseille, la liste du maire sortant Benoît Payan et celle du RN, Franck Allisio, restent au coude-à-coude dans les différents sondages.
- Un duel père-fille à Paris. Marlène Schiappa figure sur la liste Horizon de Pierre-Yves Bournazel et son père Jean-Marc est sur celle de l’insoumise Sophia Chikirou.
- Des communes sans candidats, notamment dans le Finistère.







