En l’absence du soutien d’une composante du bloc central, la proposition de loi Yadan voit ses perspectives d’adoption s’amenuiser, et sa phase d’examen, initialement programmée pour jeudi et vendredi, se retrouve fragilisée par l’obstruction des Insoumis.
Le débat autour de la proposition de loi Yadan entraîne une « masse de désinformation » et une « vague de haine et de cyberharcèlement« , déclare Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, sur 42mag.fr jeudi 16 avril. Poussée par le gouvernement, cette mesure, qui sera examinée jeudi et vendredi par l’Assemblée, vise à contrer les nouvelles formes d’antisémitisme, parfois masquées par l’antisionisme.
Affirmer qu’un génocide à Gaza serait évoqué ne tombera pas « sous le coup de la loi« , assure-t-elle. Cette loi n’interdira pas non plus « toute critique du gouvernement israélien de la politique portée par Benyamin Nétanyahou« , mais punira uniquement « l’appel à la destruction d’un État reconnu par la République française« . « En éradiquant un État, on éradique un peuple« , ajoute Aurore Bergé. La loi a pour objectif de corriger « un défaut de caractérisation de ce qu’est devenu l’antisémitisme aujourd’hui.
L’antisionisme, selon la ministre, revient à « considérer qu’il n’y a pas de légitimité à l’existence de l’État d’Israël, c’est considérer qu’il ne devrait pas y avoir un seul État refuge au monde pour les Juifs. Si ça, ça n’est pas caractéristique de l’antisémitisme, qu’est-ce que cela veut dire ?« , s’interroge-t-elle.
Aurore Bergé précise que la loi ne punira pas uniquement les appels à la destruction d’Israël, mais ceux visant tous « les États reconnus par la France« , y compris la Palestine : « Le mot ‘Israël’ figure dans l’exposé des motifs, mais il ne figure pas dans les articles, c’est-à-dire qu’il ne figure pas dans les outils qui seraient à disposition des magistrats« .
Mercredi, la pétition contre la proposition de loi de la députée Caroline Yadan, visant à lutter contre les « formes renouvelées » d’antisémitisme et signée par plus de 700 000 personnes, a été classée par les députés, qui ont choisi de ne pas examiner ce texte à l’Assemblée nationale.







