Ce jeudi 16 avril, l’émission de 42mag.fr accueillait Julien Odoul, porte-parole du Rassemblement national et député de l’Yonne, en tant qu’invité politique.
Le passage ci-dessous provient d’un extrait partiel de la retranscription de l’entretien évoqué ci-avant. Pour visionner l’intégralité, cliquez sur la vidéo.
France Télévisions : On aborde d’abord l’actualité actuelle en Iran, où le blocage du détroit d’Ormuz se poursuit. Cela se répercute sur les prix à la pompe. D’un point de vue de principe, pensez-vous que la France doive verser des compensations à l’Iran pour que ses navires puissent traverser ce détroit ?
Julien Odoul, porte-parole du Rassemblement national et député de l’Yonne : Sur le fond, la responsabilité première revient surtout au gouvernement français qui doit redistribuer des ressources aux Français. Les Mollahs ne fixent pas la TVA en France. Il est certain que la hausse des tarifs des carburants est liée à la crise en Iran et, sans doute, à l’intervention américaine qui demeure très incertaine, sans que l’on perçoive clairement leurs objectifs. Toutefois, l’inflation des prix et le sentiment d’impuissance face à cette flambée viennent surtout d’un État qui refuse de baisser les impôts.
On va revenir sur ce point juste après. Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, semble aller dans ce sens et évoque l’idée d’une compensation. Donc, quelle est la position du Rassemblement National sur le fait de payer ou non pour permettre le passage des bateaux français, et l’accès au détroit ?
Avant d’envisager un paiement, l’objectif doit être simplement de sortir de la crise et de rétablir une certaine stabilité dans la région. L’intervention américaine, qui pouvait être perçue comme susceptible d’affaiblir le régime des Mollahs et de favoriser la sécurité et la paix en Iran, notamment pour les Iraniens qui souffrent sous la dictature, paraît aujourd’hui navrer être bloquée dans une impasse et il semble que le régime se renforce davantage. Voilà pourquoi la priorité est là, clairement.
C’était uniquement une question pour éclairer la position du Rassemblement National. Est-ce que, payer un péage pour permettre l’acheminement des bateaux et l’approvisionnement en pétrole en France, cela vous choque ou non ? Apparemment, vous n’êtes pas à l’aise avec la question.
Je suis parfaitement à l’aise. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas détourner l’attention des enjeux principaux. Le sujet majeur, c’est d’abord et avant tout de réduire les taxes en France, car environ 60 % du prix des carburants est fixé par l’État, puis il faut aussi œuvrer à restaurer la stabilité dans la région afin de favoriser une baisse des prix du baril.
Je ne répondrai pas moi-même à ma question. Concernant les carburants, on va entrer dans les mesures; Matignon n’écarte pas la possibilité d’encadrer provisoirement les marges des distributeurs, ce qui signifie l’adoption d’un décret. Voulez-vous que Sébastien Lecornu prenne cette mesure ?
Des miettes, encore des miettes. C’est incroyable que ce gouvernement refuse, après dix ans de prélèvements alors que le pays est l’un des plus fiscalisés du monde, de rendre de l’argent aux Français. La seule mesure durable, crédible et efficace serait une baisse de la TVA sur les carburants, passant de 20 % à 5,5 %, telle que proposée par Marine Le Pen depuis 2022.
Où trouveriez-vous l’argent ?
Nous sommes capables d’allouer 18 milliards d’euros à l’Ukraine, sous forme d’un faux prêt qui équivaut, en réalité, à une donation puisqu’il ne sera pas remboursé. Si l’on peut mobiliser 18 milliards pour l’Ukraine, on peut aussi dégager 12 milliards d’économies pour alléger la TVA. Nous l’avons répété, et Jordan Bardella l’a réaffirmé le mercredi 15 avril. Sur un plein de 50 litres, cela représente environ 25 euros d’économies. C’est considérable. Et ce n’est pas de l’argent perdu : c’est de l’argent qui permet aux Français d’aller travailler et qui s’injecte dans l’économie. Il faut donc baisser la TVA, la TICPE et toutes les taxes sur les carburants.
Ce n’est pas sans mérite, toutefois, que Sébastien Lecornu tente aussi de cibler ? Est-ce que celui qui roule en SUV et qui passe le weekend à Deauville a vraiment besoin d’un rabais sur son plein ?
En avançant l’argument que cela profiterait à quelqu’un qui conduit une Porsche, vous excluez 99 % des automobilistes qui, eux, dépendent principalement de leur véhicule pour travailler et appartiennent aux catégories moyennes et populaires. Donc, nous affirmons qu’il faut une mesure d’urgence couvrant toutes les énergies — électricité, gaz et fioul — afin de rendre de l’argent aux Français. Avec Marine Le Pen, dans le cadre du programme présidentiel de 2022, nous estimons que cela représenterait entre 150 et 200 euros supplémentaires de pouvoir d’achat par mois pour chaque foyer. Ainsi, au lieu de bidouilles, de micro-mesures ou de communications, il faut agir et rendre de l’argent aux Français.
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