La juridiction avait été saisie par La France insoumise et par l’Union des Droites pour la République, qui contestaient ladite appellation.
Le monde politique attendait avec une attention particulière cet avis. Le Conseil d’État a confirmé, dans une décision rendue vendredi 27 février, la classification de La France insoumise (LFI) à l’extrême gauche et celle de l’Union des droites pour la République (UDR), le parti d’Éric Ciotti, à l’extrême droite pour les élections municipales de mars. La juridiction avait été saisie par ces deux formations, qui contestaient cette décision du ministère de l’Intérieur.
« Le Conseil d’Etat juge, compte tenu de la situation politique prévalant pour les élections municipales de 2026 et des alliances observées pour ces élections, que ni le classement de LFI dans le bloc de clivages ‘extrême gauche’, ni celui de l’UDR dans le bloc de clivages ‘extrême droite’ ne sont entachées d’une erreur manifeste d’appréciation », écrit la plus haute juridiction administrative dans un communiqué.
Il s’agit d’une première pour le mouvement de Jean‑Luc Mélenchon depuis sa création en 2016. Il était jusqu’à présent classé à gauche, comme l’avait confirmé une première décision du Conseil d’État en 2024.
Une progression vers une radicalisation plus marquée
La France insoumise se voit désormais requalifiée en raison de sa remise en cause très forte de l’autorité judiciaire et de ses accusations répétées contre la police, qu’elle dépeint comme meurtrière, preuves selon Laurent Nuñez d’une évolution vers une forme de radicalité avec des appels à la désobéissance civile. « On ne manipule pas les étiquettes politiques », a insisté le ministre de l’Intérieur, assumant de reclasser une organisation qui « s’éloigne un peu de nos valeurs universalistes républicaines en donnant la primauté aux aspects communautaires et identitaires ».
Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a regretté vendredi soir un manque de « courage » des juges du Conseil d’État après cet avis. « C’est normalement son rôle de résister aux dévoiements des décisions administratives par un pouvoir macroniste qui aura définitivement sali tout ce qu’il touche », a dénoncé le député des Bouches-du-Rhône sur X.







