Alors que l’augmentation des tarifs continue de frapper le pouvoir d’achat et d’attiser les reproches de l’opposition, le Premier ministre a demandé à ses ministres de lui soumettre des propositions visant à protéger les consommateurs.
« Mieux protéger les consommateurs face à la volatilité des prix. » Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé, le mercredi 11 mars, aux membres du gouvernement de lui soumettre des idées pour freiner l’envol des tarifs du carburant, provoqué par le conflit au Moyen-Orient, selon des proches de l’exécutif. Le sujet demeure sensible pour l’équipe au pouvoir à l’approche du premier tour des municipales: la montée des prix des carburants pèse sur le pouvoir d’achat et alimente les critiques de l’opposition, du Rassemblement national à La France insoumise.
Ces propositions pourraient être formulées notamment en examinant des options réglementaires telles que le plafonnement des marges ou des mécanismes destinés à lisser les variations des prix des carburants, a précisé le Premier ministre, selon des sources proches. Et si la crise venait à durer, le gouvernement se dit prêt à faire évoluer les dispositions déjà mises en place pour protéger les Français. Cependant, Sébastien Lecornu s’est déclaré opposé à des mesures aussi démagogues qu’inutiles, comme la baisse de TVA réclamée par le RN, en rappelant l’échec éclairant de sa mise en œuvre en Pologne en 2022 après le déclenchement de la guerre en Ukraine.
Personne ne saisirait la logique
Le Premier ministre a aussi rappelé un principe simple : « Lorsque les montées des prix ont été transmises rapidement, elles doivent être suivies d’une baisse tout aussi rapide. Il serait incompréhensible que les hausses soient répercutées plus vite que les baisses ». Ces propos ont été relayés par Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, qui a averti lors du compte-rendu du Conseil des ministres : « Les diminutions observées sur les marchés et le prix du baril doivent être répercutées aussi vite que les hausses ». Lors de ce point-presse, le ministre du Commerce, Serge Papin, est également intervenu pour annoncer que sur les 513 stations-service contrôlées par l’État, 5 % avaient été sanctionnées.
La France insoumise a plaidé pour un blocage des prix. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a proposé un chèque énergie « pour les plus vulnérables », et la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, a préconisé des aides ciblées pour les ménages populaires et ruraux, dans une lettre datée mardi et adressée à Sébastien Lecornu. Le gouvernement demeure prêt, « si la crise devait durer, à faire évoluer les dispositions déjà prises pour protéger les Français », a assuré le Premier ministre, qui reçoit à partir de 15 heures les partis politiques pour les informer de « l’état de la menace et du positionnement de la France » face à la guerre au Moyen-Orient.







