Alors que l’État s’apprête à faire doubler l’aide destinée à l’électrification des usages, certains agriculteurs ont choisi de s’équiper de tracteurs électriques. Ces machines leur procurent une satisfaction entière, mais elles présentent toutefois quelques limites.
« C’est vraiment nerveux ! » Emilien Claudepierre ne se sépare plus de son petit tracteur rouge, un tracteur électrique. « La puissance est bien au rendez-vous, » assure le Franche-Comtois. Dans sa ferme de Cademène, au sud de Besançon, dans la région où l’on produit le célèbre Comté, l’éleveur s’en sert pour aider à nourrir ses 75 vaches laitières lorsque elles se trouvent à l’étable. « Je peux charger du foin », explique l’agriculteur. L’électrique, ça permet de rouler sur le foin en étant sûr que l’échappement ne va pas enflammer le fourrage qui est très sec. C’est aussi très silencieux pour travailler avec les animaux.
Quatre ans plus tôt, ce tracteur a été acquis pour 60 000 euros, soit 30% de plus qu’un modèle thermique. Pour autant, il ne regrette pas sa décision, d’autant plus ces dernières semaines face à la flambée du carburant. Avec la guerre au Moyen-Orient, le prix du litre de gasoil non-routier, utilisé pour faire rouler les tracteurs, a bondi. « La rentabilité va doubler avec les prix du GNR en ce moment, car l’électricité que l’on utilise est autoproduite grâce à des panneaux photovoltaïques. L’électrique, c’est la sécurité avec beaucoup moins de volatilité des prix », souligne Emilien Claudepierre.
Autonomie actuelle limitée
Ces panneaux, installés sur le toit de sa ferme, alimentent aussi trois autres véhicules électriques, dont deux utilitaires et sa voiture personnelle. « Si je ne voyais pas le prix du gazole dans les journaux, je ne le connaîtrais pas, car je ne vais plus du tout dans les stations-services », indique Emilien Claudepierre.
Emilien Claudepierre souhaite continuer dans l’électrique. Il se dit d’ailleurs prêt à remplacer son plus gros tracteur qui lui sert à aller dans les champs. Ce modèle qui fonctionne au gazole, car son équivalent électrique n’est pas encore au point. C’est la limite de ces engins selon lui. « L’autonomie n’est que de quatre heures, donc une longue journée de huit heures ne nous permet pas de tout couvrir. En condition de travail de force, je ne pense pas que l’électrique est adapté pour cela. Il faudra plus se tourner vers l’hydrogène ou les biocarburants. »
Aujourd’hui le frein est donc surtout technique car l’État subventionne l’achat d’un tracteur électrique. L’enveloppe globale qui y est consacrée est d’un million d’euros.







