Lors d’un entretien accordé à Franceinfo, le candidat socialiste en lice pour la mairie de Paris affirme que le président assume une responsabilité considérable dans le déclin moral et politique du pays. Depuis Bruxelles, le chef de l’État a démenti ces accusations.
« Emmanuel Macron est intervenu à divers niveaux pour faciliter le retrait de Sarah Knafo », avance jeudi 19 mars sur 42mag.fr Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche hors LFI à la mairie de Paris. Depuis Bruxelles, le président Emmanuel Macron juge que ces accusations de Grégoire le « déshonorent » et les qualifie de « propos sans aucun fondement ».
« Emmanuel Macron est personnellement intervenu, pas seulement avec Pierre-Yves Bournazel, afin de faire en sorte que l’extrême droite se retire au profit de sa candidate », soutient Emmanuel Grégoire. Selon lui, le chef de l’État « porte une immense responsabilité dans l’effondrement moral et politique du pays ».
« Tout est bon pour gagner, y compris les plus grandes forfaitures morales. »
Emmanuel Grégoire, candidat socialiste à la mairie de Parisà 42mag.fr
L’intervention aurait été menée « à différents niveaux« , « auprès d’intermédiaires, auprès de personnes qui ont historiquement soutenu Reconquête« , affirme Emmanuel Grégoire.
Un accord démoniaque
L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo souhaite « pointer une incohérence historique : c’est la première fois, à Paris, que l’extrême droite franchit la barre des 10 % dans l’élection centrale. Et, comme par hasard, au moment où ils dépassent ce seuil et avaient la possibilité de se maintenir, ils choisissent de se retirer pour mettre en œuvre ce qu’ils appellent l’union des droites ». Il décrit « un pacte du diable ». Pour lui, il n’est « pas nécessaire de lire l’avenir dans le marc de café pour comprendre ce qui s’est passé ».
« Le pacte du diable, c’est envoyer le signal que, quelles que soient les circonstances, l’union des droites prévaut sur tout le reste. Le message est clair : « je me retire à Paris pour permettre à la droite de gagner et vous nous soutiendrez dans la dynamique d’une union des droites à l’échelle nationale en 2027 » », décode-t-il.
Ce n’est pas sérieux
« Ces propos n’ont aucun sens et ternissent quelque peu celui qui les profère à la dérobée », a dénoncé Emmanuel Macron depuis Bruxelles où il participe au conseil européen. « Ce n’est pas sérieux, je ne connais pas personnellement Madame Knafo et je ne joue aucun rôle dans ces municipales. J’ai bien autre chose à faire. Les municipales doivent se dérouler dans le cadre le plus respectueux et républicain possible, mais tout cela est totalement faux et ne reflète pas la réalité ».
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Des « mensonges indignes et calomnieux », avait dénoncé un peu plus tôt l’entourage du chef de l’État auprès de 42mag.fr. « En aucune façon, le président de la République n’est intervenu pour le retrait de la candidate d’extrême droite à Paris ». Selon la même source, « les accusations lourdes portées par Emmanuel Grégoire sont totalement fausses. La fébrilité de la fin de campagne ne saurait justifier ces mensonges indignes et calomnieux qui ne grandissent pas celui qui les profère ».
Sarah Knafo a, elle aussi, réagi sur X, ironisant sur la prestation « calamiteuse », selon elle, d’Emmanuel Grégoire lors du débat d’entre-deux-tours sur BFMTV, mercredi soir. « Vous paniquez et tombez dans le complotisme », lance-t-elle à l’ancien candidat Reconquête, qui s’était désisté mardi. « Je n’obéis à personne. Ma liberté et mon sens du devoir vous sont insupportables : c’est que j’en ai fait bon usage. Je vous souhaite une défaite éclatante », conclut-elle.







