Depuis le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient et l’obstruction du passage crucial qu’est le détroit d’Ormuz, les tarifs à la pompe pour l’essence et le gazole ont connu une hausse notable, se traduisant par une augmentation marquée des coûts pour les automobilistes et une pression accrue sur le budget des ménages dépendants de ces carburants.
Selon Olivier Gantois, porte-parole des pétroliers en France, il n’envisage pas de recul des tarifs des carburants, lors d’un passage sur France Inter le jeudi 19 mars, alors que les frappes visant des infrastructures pétrolières s’intensifient au Moyen-Orient. Le président d’Ufip Énergies et Mobilités se dit attentif à la situation, tendu.
À ce stade, le baril évolue autour d’un sommet dépassant les 115 dollars, et il n’existe aucune raison selon lui pour que les prix reculent tant que les attaques restent en cours. Avant le déclenchement du conflit avec l’Iran, le prix du baril oscillaient autour de 65 à 70 dollars. Cette hausse actuelle illustre l’inquiétude des marchés pétroliers, une inquiétude justifiée par le fait qu’on ignore combien de temps cela va durer. Et l’évolution des prix demeure incertaine : à chaque nouvel événement, il est possible que le cours reparte légèrement à la hausse, précise-t-il.
Au 20e jour de la guerre au Moyen-Orient, le Brent a gagné plus de 10% après des attaques sur des infrastructures énergétiques dans la région, mais les prix des carburants en France restent en légère hausse selon les données publiées sur le site gouvernemental prix-carburants.gouv.fr. Environ un tiers des stations-service ont communiqué leurs tarifs jeudi matin. Le diesel s’établit en moyenne à 2,08 euros le litre à 10 heures, contre 2,05 euros lundi soir. Le sans-plomb 95 se situe en moyenne à 1,95 euro le litre ce jeudi, contre 1,93 euro lundi soir.
En revanche, le président d’Ufip Énergies et Mobilités n’observe pas pour l’instant de signes de difficultés d’approvisionnement ni de pénurie. « En Europe et en particulier en France, il n’y a pas de manque de produit, ni de pétrole brut, ni de produit fini pétrolier », souligne-t-il, notamment grâce au stock stratégique français et à la diversité des régions d’importation du pétrole brut. En 2024, la France a importé seulement 13% de son pétrole brut du Moyen-Orient, contre 38% d’Afrique, 23% d’Amérique du Nord et 13% d’Europe, selon les chiffres de l’Ufip.







