En France, la hausse des coûts énergétiques touche un grand nombre de secteurs, et les marins-pêcheurs ne font pas exception. Leur dépense en gasoil s’envole de manière marquée, au point que sortir en mer pourrait désormais revenir trop cher.
Ce passage provient d’une retranscription partielle du reportage mentionné plus haut. Cliquez sur la vidéo pour le visionner en entier.
Au large de l’île d’Oléron, en Charente-Maritime, les pêcheurs poursuivent leur activité, mais sortir en mer leur coûte désormais cher. Leur avenir est menacé jeudi 19 mars par le coût du gasoil. « Pour le moment, ça passe, on parcourt nos journées et on peut encore aller en mer, mais si la tendance se poursuit à la hausse, il sera clair qu’on ne pourra plus. On restera alors au quai », indique Paul Méteau, capitaine du Pulsar. Heureusement, la pêche demeure prospère pour l’instant, mais dès que le prix du carburant dépasse un euro le litre, ils envisageront de cesser l’activité.
Dans le port de Cherbourg-en-Cotentin (Manche), la même inquiétude touche ces pêcheurs, car le remplissage du chalutier nécessite près de 12 000 litres. Le tarif a progressé d’environ 30 centimes en trois semaines. « Il est à 0,994 euro, on va avoir 6 000 euros de gasoil en plus par rapport à il y a trois semaines. Donc 12 tonnes, ça fait 12 000 euros de gasoil pour la semaine », rapporte Grégory Lefer, directeur de l’armement cherbourgeois.
Hausse des prix du poisson
Pour l’instant, ce n’est pas le poisson qui coûte davantage à la vente. En revanche, ce sont les marins qui portent le choc des coûts supplémentaires. « Plus le gasoil est cher, plus leur salaire diminue. Là, avec le prix du gasoil, leur salaire va diminuer d’au moins un tiers, facilement », précise-t-il. Dans cette poissonnerie, aucune hausse n’a été constatée jusque-là, mais le responsable prévoit que cela va finir par se produire : « Les produits vont augmenter d’une manière ou d’une autre. On ne pourra pas y échapper », déclare Stéphane Griffet, gérant de la poissonnerie Cap d’Hag.
En dépit de cela, les clients semblent prêts à montrer leur solidarité. « À partir du moment où il y a une limite raisonnable d’augmentation, si ça permet à tout le monde de vivre mieux, il faut aussi savoir faire des efforts », témoigne un acheteur. Avec la hausse des prix du carburant, les marins prévoient de réduire leurs sorties en mer, ce qui pourrait conduire à une raréfaction des poissons sur les étals des marchés.







