Manuel Bompard a été l’invité politique sur France Info lors de l’édition du vendredi 27 mars 2026. Il a évoqué le décès de Lionel Jospin et a commenté l’augmentation des prix du carburant, conséquence de la guerre au Moyen-Orient.
Ce passage constitue une portion de la retranscription de l’entretien évoqué plus haut. Pour le suivre dans son intégralité, cliquez sur la vidéo afin de le visionner.
France Info : Hier, jeudi 26 mars 2026, un hommage national a été rendu à Lionel Jospin. On rappelle les avancées sociétales comme les 35 heures et la CMU. Cependant, à l’approche de la présidentielle de 2027, on repense aussi au symbole d’un certain effacement de la gauche. Le 21 avril 2002, lors du premier tour, Lionel Jospin ne franchit pas la barre du second tour. Est-ce que cet hommage peut être perçu comme un message en faveur de la présidentielle de l’an prochain ?
Manuel Bompard : Lionel Jospin demeure une référence intéressante. Il soulève une question centrale sur une campagne présidentielle, celle de 2002, où un candidat de gauche mène une démarche centrée, mais finit par échouer parce que l’électorat cherche des propositions clairement formulées. Quand la population choisit de voter à gauche, c’est pour transformer le pays. Personnellement, cela me pousse à soutenir une logique de gauche qui se veut rupture, celle que nous avons reconstruite avec Jean-Luc Mélenchon et qui sera présente dans la prochaine élection présidentielle.
France Info : En 2017 et 2022 aussi, la gauche n’est pas arrivée au second tour. Pensez-vous qu’en 2027, un candidat issu d’une gauche sociale-démocrate ou d’une gauche plus radicale puisse atteindre ce stade et se qualifier pour le duel final ?
Manuel Bompard : Si l’on regarde les résultats les plus récents, notamment les municipales du dimanche 22 mars, on peut observer une dynamique favorable à la « gauche de rupture » que nous représentons. Cette gauche était jusqu’ici absente dans les villes de plus de 200 000 habitants, et aujourd’hui nous en dirigerons deux : Saint-Denis et Roubaix, au nom de la France insoumise. De l’autre côté, on voit une gauche davantage orientée vers l’accompagnement. Elle semble s’essouffler dans ces échéances récentes. Tout indique donc que la force et l’élan se situent du côté de la gauche de rupture. J’invite celles et ceux qui souhaitent, l’année prochaine, voir émerger un candidat capable de l’emporter à la présidentielle et d’être présent au second tour, à nous rejoindre, et à venir prêter main-forte. Car c’est précisément ce qui donne de la vigueur et de l’élan pour faire basculer le pays loin de Macron et de l’extrême droite, ouvrant une nouvelle page de notre histoire : celle de la justice sociale, de l’équité fiscale, de la transition écologique et de la démocratie. Voilà ce que nous voulons porter dans cette échéance et ce combat présidentiel.
France Info : À côté des résultats municipaux — maintien des Républicains et du Parti socialiste, percée du RN, et présence notable de la FI dans plusieurs villes —, les Français s’interrogent aussi sur l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur leur pouvoir d’achat. À l’approche d’un éventuel déclenchement par Israël et les États-Unis d’une opération contre l’Iran, les mesures promises restent-elles en suspens selon vous ? Le blocage des prix, une diminution de la TVA prônée par le RN, un chèque énergie défendu par les socialistes… pour l’instant, le gouvernement affirme que le déficit ne le permet pas. Cette explication vous satisfait-elle ?
Manuel Bompard : Pas du tout. Le gouvernement ne fait pas ce qu’il faut sur ce dossier. Depuis un mois, on voit les conséquences croissantes sur le pouvoir d’achat des Français et des Françaises. Qu’a annoncé le gouvernement jusqu’ici ? Des contrôles dans moins de 5 % des stations-services. Cela ne résout pas le problème; il s’agit simplement d’un appel à la vertu des opérateurs, qui ne porte pas ses fruits. Sous la présidence d’Emmanuel Macron, les gouvernements ont adressé des demandes et supplié, mais sans résultat tangible. Aujourd’hui, le coût moyen du diesel approche les 2,15 euros et l’essence dépasse les 2 euros le litre. Ceux qui n’ont pas d’autre recours que d’utiliser leur véhicule se trouvent confrontés à des difficultés réelles. La seule mesure efficace serait donc le blocage des prix. Nous avons déposé une proposition de loi sur ce sujet il y a plusieurs semaines. D’autres pays, au sein de l’Union européenne, l’ont déjà mis en place, comme la Croatie et la Grèce, et même en dehors de l’UE, la Corée du Sud a annoncé une telle mesure.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien dans son intégralité.







