Divers signalements auraient visé l’équipe en service le soir, rattachée à la police municipale, le chef de cette unité étant également visé, selon Le Parisien.
Une série d’interpellations sans précédent a visé Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Onze policiers municipaux de cette commune, soupçonnés notamment de violences aggravées, de vol et de dégradations, ont été interpellés puis placés en garde à vue mercredi 8 avril, selon le parquet de Créteil. Les gardes à vue sont en cours et les investigations se poursuivent, d’après le parquet.
D’après les premières informations, ces onze agents appartiennent à la police municipale de Villeneuve-Saint-Georges, située au sud de Paris. Ils ont été placés en garde à vue pour des faits présumés de « violences aggravées », « faux en écriture publique », « violation de domicile », « vol par personne dépositaire de l’autorité publique » et « dégradations en réunion », précise le parquet à France Télévisions. À ce stade, le détail des circonstances et la période visée ne sont pas précisés. Plusieurs plaintes auraient été déposées contre l’équipe en service le soir, y compris son chef, selon Le Parisien qui a révélé l’affaire.
Dans un reportage diffusé lors du journal télévisé de France 2, un homme affirme avoir été victime de violences de la part de plusieurs policiers municipaux de la même commune. Les faits, selon lui, se seraient produits en janvier, après une rencontre de football, lorsqu’il se trouvait dans un bar. « Ils m’ont frappé à l’intérieur, dans le bar. Ils m’ont tasé », témoigne-t-il, en précisant avoir reçu une « dizaine » ou une « quinzaine » de coups de taser. À Villeneuve-Saint-Georges, une autre résidente exprime au contraire un sentiment de sécurité renforcé par la présence de la police municipale : « C’est très rassurant (…) il y a beaucoup moins de gens dans la rue, on peut mieux se promener. »
Un « calendrier » troublant, selon la maire LR de la commune
La maire des Républicains (LR) de la commune, Kristell Niasme, proche de l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, s’est défendue auprès du quotidien en affirmant que ses agents « se battent comme des lions » pour assurer la sécurité des habitants et qu’ils « ne sont pas des brigands ». L’élue souligne que ses agents subissent régulièrement des « menaces, insultes et calomnies » et s’interroge sur le suivi de leurs propres plaintes. Elle suggère aussi que la création récente par LR de l’Observatoire des villes placées sous l’influence de La France insoumise (LFI), dont elle assure la présidence, pourrait ne pas être étrangère à cette opération, qualifiant le « calendrier » de troublant.
L’affaire a rapidement suscité des réactions politiques du côté des insoumis. Le député LFI du Val-de-Marne, Louis Boyard, dénonce un « scandale » dans un message publié mercredi sur le réseau social X. Il affirme avoir alerté « depuis des mois » le préfet sur des violences imputées à cette police municipale.
Dans ce même post, il remet en cause la gestion de la police municipale par Kristell Niasme : « C’est cette dame qui est chargée de surveiller les mairies LFI pour [Bruno] Retailleau. Heureusement que nous surveillons les mairies LR. » Le député LFI de l’Essonne, Antoine Léaument, a également réagi sur X jeudi : « [Des] municipaux de cette ville LR sont en garde à vue (…) pour ‘violences et vols’. Un commentaire, Bruno Retailleau ? »







