Face à une conjoncture économique plus lourde et à des dépenses nouvelles, le gouvernement doit dégager près de 40 milliards d’euros afin de maintenir sa trajectoire budgétaire. Entre la majoration des prélèvements sur les grandes entreprises et l’effort demandé aux ménages, plusieurs orientations fiscales font l’objet d’études.
À mi-avril, le gouvernement travaille déjà sur le budget destiné à 2027. Le conflit avec l’Iran complique l’équation et il faut probablement s’attendre à des hausses d’impôts. Le pouvoir exécutif devra trouver des ressources s’il veut maintenir un déficit autour de 3 % du PIB en 2029, contre environ 5 % aujourd’hui.
Pour rester sur cette trajectoire, assurer le financement des dépenses militaires et du vaste plan d’électrification du pays nécessitera près de 40 milliards d’euros en 2027, soit le double de l’année en cours. Le contexte économique bien plus dégradé que prévu rend ce défi encore plus ardu : en raison du conflit au Moyen-Orient, la croissance demeure faible, inférieure à 1 %, les prix repartent à la hausse et l’inflation est attendue autour de 1,9 % en 2026, alors qu’on visait environ 1 % il y a quelques semaines. Pour réunir une telle somme, les options ne sont pas innombrables : réduire les dépenses et/ou augmenter les recettes.
La taxe exceptionnelle sur les grands groupes destinée à se maintenir
Des hausses ou des reconductions de certaines taxes semblent ainsi probables. En premier lieu, les prélèvements sur les entreprises, en particulier celles qui tirent avantage de la période actuelle. Les banques, comme BNP Paribas, les assurances, comme AXA, et des énergétiques, tels EDF ou TotalEnergies, affichent des résultats élevés. La contribution sur les bénéfices des grandes entreprises, qui était présentée comme temporaire mais qui s’applique en réalité depuis deux ans, devrait donc être prolongée, même si le patronat s’y oppose. En 2025, elle a apporté plus de sept milliards d’euros à l’État. D’après nos informations, comme cette taxe est très concentrée sur une poignée de sociétés — une dizaine de groupes aisément payé la moitié — le gouvernement réfléchit à l’élargir à davantage d’entreprises du CAC 40, notamment les multinationales qui ont pu échapper à l’imposition parce qu’elles réalisent l’essentiel de leurs bénéfices à l’étranger.
Pour les particuliers, l’idée d’une année blanche — c’est-à-dire de ne pas indexer les prestations sociales, les retraites, etc., sur l’inflation — revient sur la table. Tout comme celle de ne pas indexer le barème de l’impôt sur la hausse des prix. Cette option ferait entrer dans l’assiette fiscale des ménages qui n’y paient pas aujourd’hui et augmenterait la charge pour ceux qui y participent déjà. Du côté des retraités également, le gouvernement aimerait supprimer l’abattement de 10 % pour frais professionnels, qui a finalement été maintenu cette année.
Ce ne sont pour l’instant que des pistes, sachant qu’augmenter les impôts n’est jamais très populaire, surtout à l’approche d’une élection présidentielle.







