Y aura-t-il un manque de kérosène pour les avions ? C’est la crainte exprimée par Patrick Pouyanné, le PDG de Total. Les aéroports européens partagent aussi ces préoccupations. Selon ce scénario, les avions pourraient être cloués au sol dans un délai de trois semaines si le trafic maritime ne se rétablit pas. Explications.
Cette portion s’appuie sur une section de la transcription du reportage évoqué plus haut. Pour le visionner en intégralité, cliquez sur la vidéo.
Faut-il craindre une pénurie de kérosène en France ? Les compagnies aériennes seront-elles contraintes de rester clouées au sol ? Telles sont les inquiétudes exprimées par certains voyageurs. « Oui, cela avait été une préoccupation, on s’était posé la question. Nous, on va en Martinique pour voir la famille, donc c’est très important pour nous », confie une voyageuse. « Non, on ne voyagera plus, c’est tout », affirme un homme. « Pour le moment, on n’est pas inquiets pour le retour, on revient dans quinze jours », admet un couple.
Pourquoi, en France, y a-t-il une tension sur le kérosène ? Parce que nous dépendons fortement de l’importation. En Europe, environ la moitié du kérosène utilisé par nos avions provient des pays du Golfe. Si le détroit d’Ormuz venait à être bloqué, ces livraisons cesseraient. Comment diminuer cette dépendance ? Est-il possible d’accroître la production sur le sol national ? C’est en tout cas ce que demande le gouvernement aux raffineurs : accélérer rapidement leur production. Or, parmi les six raffineries de métropole, une seule pourrait augmenter ses capacités de 10 %.
Cette marge de manœuvre paraît insuffisante pour absorber le choc pétrolier : « Ce que l’on sollicite, en effet, c’est de revoir aussi dans les années qui viennent les conditions de raffinage et que l’Europe soit plus souveraine dans la matière », souligne Thomas Juin, président de l’Union des Aéroports Français.
Quelles initiatives pour prévenir une éventuelle pénurie ?
Allons-nous vers une pénurie au mois de mai ? C’est ce que redoute le dirigeant de TotalEnergies, Patrick Pouyanné : « Si cette guerre et ce blocus durent plus de trois mois, nous commencerons à faire face à de sérieux problèmes d’approvisionnement pour certains produits, comme le kérosène, ce qui obligera à rationner les avions ou le diesel », a-t-il averti.
Une pénurie qui pourrait intervenir bien plus tôt, selon certains spécialistes, qui appellent déjà à prendre des mesures : « Ce qu’on peut mettre en place, c’est une vigilance accrue entre les États, peut-être des rationnements, mais surtout l’impact économique important pour les compagnies aériennes et pour les passagers », indique Paul Chiambaretto, professeur à la School of Business (MBS), spécialiste du transport aérien.
Des mesures déjà adoptées par plusieurs pays dans le monde.







