La controverse s’intensifie autour du projet gouvernemental visant à plafonner les marges des enseignes de distribution. Leclerc, Intermarché et les autres acteurs du secteur dénoncent un texte qu’ils estiment injuste et inapplicable. Comment les stations-service indépendantes perçoivent-elles cette initiative ? Face à la flambée des prix, une centaine d’entre elles pourrait disparaître.
Ce passage provient d’une portion de la retranscription du reportage évoqué ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour le visionner dans son intégralité.
Ce mercredi matin, la station-service indépendante située dans la Vienne voit les véhicules se faire attendre près de la pompe. L’annonce gouvernementale visant à encadrer les marges déçoit le gérant Christophe Menu, responsable de MGR Automobiles, qui fait déjà face à une fréquentation faible : « Même sur le secteur, la circulation est très calme. On remarque que les automobilistes parcourent moins de kilomètres et consomment moins de carburant », remarque-t-il, songeur.
Finalement, quelques conducteurs s’arrêtent pour ne prélever qu’environ une dizaine de litres d’essence : « Ça fait 30 euros et cela va nous durer deux à trois jours », commente l’un d’eux à la pompe. « Ça va être très dur », ajoute un retraité.
Face à la chute des ventes, Christophe Menu se dit particulièrement inquiet. Le franchisé a déjà diminué sa marge, comme son fournisseur, afin de proposer des prix plus compétitifs : « On a réussi à limiter les hausses, mais si l’on regarde les chiffres, on passe de 1,78 euro à près de 2,30 euros aujourd’hui à la pompe », explique-t-il.
Des stations indépendantes ont déjà cessé la distribution de carburant
Il a réussi à réduire le prix du carburant d’environ cinq centimes par litre, mais il lui est impossible d’aller plus loin. Aujourd’hui, c’est grâce à ses autres activités qu’il parvient à maintenir sa station ouverte : « On assure l’entretien mécanique, la carrosserie et une activité de location de véhicules. Si nous ne comptions que sur la partie station, ce serait clairement très difficile. Nous serions probablement contraints de fermer », assure Christophe.
Les clients, eux, se tournent davantage vers des stations comme TotalEnergies, où les plafonds de tarifs avaient été instaurés il y a peu. « C’est ici que c’est le moins cher, quand même », confirme une conductrice. « Je pense qu’il doit y avoir une différence de 20 à 30 euros, à mon avis », ajoute un automobiliste.
La Fédération Mobiliens appelle les pouvoirs publics à réagir. Selon une de leurs enquêtes, 5 % des stations indépendantes interrogées ont déjà cessé leur activité de distribution de carburant.







