Est-ce véritablement la fin des célèbres zones à faibles émissions ? Ces périmètres instaurés en 2019 dans le but de limiter les véhicules les plus polluants en milieu urbain. Hier, mardi 14 avril, l’Assemblée nationale a voté le retrait total et sans condition de cette mesure. Certains estiment qu’elle se révèle discriminatoire envers les automobilistes aux revenus modestes. Du côté des médecins, on voit aussi là un recul qui porte atteinte à la santé publique. Des réactions ce matin à Lyon, dans le Rhône, avec nos correspondants.
Ce passage constitue une portion de la retranscription du reportage évoqué ci‑dessus. Cliquez sur la vidéo pour le visionner en entier.
La ZFE a pris effet à Lyon (Rhône) en 2023, marquant une réorientation de sa trajectoire. Progressivement, elle avait écarté les véhicules les plus polluants selon des seuils successifs : 5, puis 4, puis 3. Aujourd’hui, l’éventualité d’une suppression des ZFE est envisagée. Comme lors de son lancement, la suspension proposée aujourd’hui divise tout autant les automobilistes rencontrés ce matin : « Ça va augmenter la pollution, mais le problème de la pollution n’est pas uniquement au niveau de la voiture », affirme un conducteur. Une jeune femme appuie : « Le problème que je voyais là-dedans, c’était que cela incitait les gens à changer de voiture, ce qui pose un souci parce qu’au final, il faut acheter un véhicule nouveau, et cela pollue davantage. »Mais un autre ne partage pas cet avis : « On ne peut pas chercher à faire bouger les choses en reculant d’un pas. »
Dans sa voiture diesel immatriculée 2010, Farid continuait à rouler en dehors des règles. Pas d’autre choix, selon ce Lyonnais qui se dit soulagé : « Ceux qui ont les moyens, c’est bien, mais ceux qui manquent de moyens, c’est un peu plus difficile pour eux, de les exclure de la société comme ça. Je pense que tout le monde a le droit, toute la ville doit être partagée avec tout le monde. »
Des habitants rassurés, d’autres inquiets
En 2028, les véhicules diesel répondant au critère 2 devaient également être ciblés, tout comme le 4×4 d’un paysagiste. Pour lui, la suppression des ZFE constitue une bonne nouvelle : « En tant que professionnels, on fait comment pour travailler ? Il y a des zones, à l’heure actuelle, où l’on travaille sur des chantiers et on ne peut plus y accéder. Parce qu’on n’a pas de véhicule adapté, ou tout simplement parce qu’on ne peut pas se garer », explique-t‑il.
À la métropole, la nouvelle majorité de droite se réjouit également de cette décision. À l’époque, c’est la majorité écologiste qui avait instauré le dispositif en raison des dépassements constants des normes de pollution de l’air. Et ce recul inquiète certains habitants : « C’est important pour moi de savoir que, lorsque je pédale, je n’inspire pas un air trop pollué. Notre avenir, c’est ça : préserver l’air, sinon nous serons tous malades », affirme une cycliste.
Adoptée mardi soir par l’Assemblée nationale, la loi prévoyant la suspension des ZFE doit encore être examinée par le Sénat aujourd’hui. Le gouvernement envisage déjà un recours devant le Conseil constitutionnel.







