Le pouvoir exécutif envisage d’imposer un plafond sur les marges pratiquées par les distributeurs de carburant afin de maîtriser l’augmentation des prix affichés à la pompe. Or, du côté de la grande distribution, on estime que l’État se trompe de cible et n’attaque pas le bon levier du problème.
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Faut-il plafonner les marges des distributeurs sur les tarifs du carburant ? Face à l’opposition vigoureuse des enseignes, le gouvernement garde ses options ouvertes et n’a pas encore pris de décision. « À ce stade, aucune mesure n’est arrêtée et nous continuons à privilégier le dialogue de confiance avec l’ensemble des distributeurs, comme nous le faisons depuis le début », a déclaré Maud Bregeon. « Ce que nous examinons, c’est une régulation des marges, qui ne signifie pas bloquer les prix, car cela continuerait d’intégrer les fluctuations du marché et les coûts, notamment ceux du transport », a ajouté la porte-parole du gouvernement, le mercredi 15 avril.
Or, pour les cinq premiers acteurs du marché français, l’administration viserait la mauvaise cible. Dans une lettre adressée à Matignon, ils demandent le retrait immédiat d’un texte qu’ils jugent « injuste, inapplicable et illégal ». « Cette façon de décider dans l’urgence sans concertation avec les acteurs économiques, et surtout une mesure qui ne produira rien, devient insupportable. Car la vraie question est : pourquoi l’État agit-il ainsi ? La réalité, c’est qu’il encaisse l’essentiel de la marge, soit 53 % sur les deux euros. Et, de surcroît, sans majorité, il n’a pas le moyen de prendre une décision. Alors, que choisit-il ? Désigner un bouc émissaire », a dénoncé Thierry Cotillard, président du groupement Mousquetaires (Intermarché).
Les distributeurs proposent une alternative
« Après environ cinq semaines de crise, il est apparu que les marges liées à la distribution du carburant restent très modestes. Même le ministre de l’Économie, en fin de compte, a évoqué l’idée de solliciter Bruxelles sur les marges des raffineurs », a affirmé Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U.
Pour alléger le montant à la pompe, les distributeurs avancent une contre-proposition. Ils prônent une suspension temporaire de la collecte des certificats d’économie d’énergie, destinés à financer la rénovation énergétique. Selon eux, une telle mesure pourrait permettre une réduction de 15 à 20 centimes par litre sur le prix du carburant.







