Le groupe Stellantis mettra fin à la fabrication de véhicules sur le site emblématique de Poissy à partir de 2028. Au total, environ 700 postes devraient être supprimés. Cette installation était, jusqu’à présent, la dernière plateforme d’assemblage automobile de la région Île-de-France.
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La menace pesait sur eux depuis plusieurs mois. La direction l’a officialisée ce jour-là. La production automobile sur le site Poissy, propriété de Stellantis, prendra fin à l’issue de l’année 2028. Devant l’usine, ce jeudi après-midi, les salariés n’étaient pas rassurés. « Aujourd’hui, on nous a informés qu’aucune voiture ne sera assemblée. C’est une véritable douche froide », « Cela fait trente ans que je passe ma vie ici à Poissy. J’ai connu Peugeot et, auparavant, Talbot était ma première affectation. Du jour au lendemain, on nous annonce qu’il n’y aura plus de voitures, qu’il n’y aura plus d’activités », racontent plusieurs employés.
Un investissement s’élevant à 100 millions d’euros est prévu pour réorganiser l’usine, qui sera notamment dédiée à la fabrication de pièces détachées destinées au groupe. Stellantis assure que, sur les 1 900 postes du site, environ 700 disparaitront, majoritairement par des départs à la retraite non remplacés. Les syndicats demeurent sceptiques. « Lorsqu’on a demandé des précisions sur ces 1 000 postes, quels métiers seraient concernés ? La direction s’est refusée à détailler les fonctions prévues pour ces postes », précise Jean-Pierre Mercier, délégué SUD Stellantis Poissy.
Un secteur fragilisé par la concurrence venue de Chine
Stellantis traverse une période trouble, comme d’autres constructeurs. Les sites industriels se retirent peu à peu du paysage. À l’issue de la réorganisation autour de Poissy, il n’en restera plus que dix sur l’ensemble du territoire. La direction assure toutefois que ce choix n’était pas négociable. « Aujourd’hui, nous intégrons dans notre décision le contexte du marché automobile européen, marqué par une chute d’environ 20 %, passant de 18 millions de véhicules vendus en 2019 à près de 15 millions attendus en 2025 », explique Eric Haan, le directeur du site Stellantis.
Le secteur traverse une crise sans précédent. Il employait environ 510 000 personnes il y a vingt ans et 336 000 en 2024, soit une réduction de 174 000 emplois. Un malaise qui touche aussi l’ensemble de l’Europe, Volkswagen prévoyant par exemple la suppression de 50 000 postes en Allemagne. Tous subissent de plein fouet la concurrence venue de Chine. « Les constructeurs chinois peuvent proposer en Europe des véhicules jusqu’à 25 % moins chers », affirme Eric Espérance, expert du domaine automobile et associé senior chez Roland Berger. Avec la réhabilitation du site de Poissy, Stellantis tourne une page portant sur près d’un siècle d’histoire industrielle. Certains syndicats appellent à la grève le jeudi suivant.
Parmi nos sources :
Enquête de la Plateforme automobile (PFA) : « Industrie automobile : quels impacts sur l’emploi d’ici à 2035 ? », 26 juin 2025
« Automobile française : la carte des usines disparues », Les Echos, 16 avril 2026
Liste non-exhaustive







