L’Italie a réussi à faire diminuer le prix des carburants en abaissant les taxes qui leur sont imposées. Cependant, selon le ministre français Laurent Panifous, cette mesure s’est faite au détriment de plusieurs ministères.
Bien que le prix à la pompe reste élevé, certains automobilistes souhaitent que l’État diminue les taxes sur les carburants, à l’instar de l’Italie. Lors d’un entretien accordé à 42mag.fr mercredi 15 avril, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a rappelé qu’il n’existe pas d’argent magique. Il a expliqué que, en Italie, des coupes ont été opérées dans les budgets des services publics, notamment en Santé et en Sécurité. Et s’on adoptait, en France, un modèle similaire pour accompagner une crise, il faudrait alors préciser sur quelle partie du budget on puiserait des crédits destinés à l’essence que nous mettons dans nos véhicules.
Vrai ou Faux ?
En réalité, l’Italie a bien procédé à des réductions budgétaires dans plusieurs ministères afin de financer une réduction de 0,25 euro par litre sur la taxe d’accise sur les carburants. Cette mesure d’urgence a été mise en place par un décret paru au Journal officiel le 18 mars et initialement prévue jusqu’au 7 avril, avec un coût estimé à 527 millions d’euros.
Des coupes budgétaires ciblées sur plusieurs ministères
Dans la première annexe du décret, les montants à retrancher des budgets ministériels sont détaillés. Le ministère le plus impacté est celui de l’Économie, avec une réduction de 127,5 millions d’euros. Arrive ensuite le ministère des Infrastructures et des Transports, retranché de 96,5 millions d’euros. Le secteur de la Santé suit avec une diminution de 86 millions, puis l’Intérieur avec 30,1 millions en moins.
Les ministères de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur, de l’Agriculture, des Affaires étrangères et de la Culture enregistrent chacun une baisse de 25 millions d’euros. D’autres ministères connaissent également des réductions, mais d’emprise moindre. Le service d’études et le bureau du budget du Sénat italien ont tous deux exprimé des réserves dans des documents distincts, estimant que les critères retenus pour calculer ces baisses et les projets qui seraient moins financés n’étaient pas précisés. Le média italien Il Post affirme que plusieurs événements culturels ont vu leurs subventions diminuer.
Une rallonge financée par la TVA et le marché des quotas carbone
La mesure a finalement été prorogée au-delà du 7 avril pour durer jusqu’au 1er mai, entraînant un coût supplémentaire de 500 millions d’euros.
Cette fois, l’Italie ne finance pas la manœuvre en taillant directement dans les budgets ministériels. Le ministre de l’Économie, Giancarlo Giorgetti, a déclaré que 200 millions d’euros seront autofinancés grâce à l’augmentation des recettes liées à la TVA provoquée par la hausse du prix des carburants, et que 300 millions d’euros supplémentaires seront puisés dans des ressources non utilisées du système européen des quotas carbone, selon Il Post.







