Selon les chercheurs, cette taxe viserait les profits supplémentaires générés par la guerre, et ne concernerait pas les investissements destinés à accroître la production.
Une démarche présentée comme « efficace » face à la hausse des coûts énergétiques provoquée par le conflit au Moyen-Orient, selon les économistes affiliés à l’organisation internationale Icrict. Cette commission indépendante, co-présidée par le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, recommande aux gouvernements d’imposer sans tarder une taxe sur les profits exceptionnels des secteurs pétrolier, gazier et des engrais, peut-on lire dans une déclaration envoyée jeudi 16 avril à l’AFP.
« Il s’agit d’une mesure économiquement efficace et d’un impératif moral », précise-t-elle, évoquant des exemples historiques. Cette taxe viserait les bénéfices excédentaires tirés de la situation de guerre, et non « les investissements productifs », et elle n’aurait pas d’impact inflationniste « car elle ne s’applique pas à la consommation d’énergie ». Face à l’accumulation des crises depuis la pandémie, l’Icrict préconise l’instauration d’un mécanisme permanent et automatique qui se déclenche dès qu’un certain seuil de prix est dépassé.
Les cours du pétrole et du gaz ont connu une envolée depuis le début des frappes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février, en réaction au blocage stratégique du détroit d’Ormuz et aux dommages infligés aux infrastructures énergétiques du Golfe.
« Les bénéfices exceptionnels (…) représentent un transfert soutenu de revenus lié à des contraintes d’approvisionnement qui persisteront longtemps après toute résolution » du conflit, affirme l’Icrict, qui compte parmi ses membres les économistes français Gabriel Zucman et Thomas Piketty et d’anciens responsables politiques du monde entier. Or, la hausse des prix « pèse de manière disproportionnée sur les travailleurs, les agriculteurs et les nations importatrices de combustibles fossiles, tandis qu’un petit groupe de grandes entreprises et d’États producteurs accumulate des superprofits à leurs dépens », note l’organisation.







