À un an de l’élection présidentielle, les noms de prétendants qui circulent demeurent largement masculins. Cette configuration révèle un déséquilibre plus profond dans la vie politique française, et ce malgré vingt-cinq années de lois relatives à la parité.
À l’approche de 2027, la liste des prétendants potentiels est longue et demeure majoritairement masculine. Parmi les noms évoqués, on retrouve Édouard Philippe, Bruno Retailleau, David Lisnard, Gabriel Attal, François Ruffin et Olivier Faure… En face, les candidatures féminines se font rares: Marine Le Pen (sous réserve d’éligibilité), Delphine Batho, Nathalie Arthaud, ou Marine Tondelier (candidate à une primaire de la gauche et des écologistes)… Au final, les femmes se comptent sur les doigts d’une main.
Ce déséquilibre n’est pas une nouveauté. Depuis 1965, seules deux femmes ont accédé au second tour de l’élection présidentielle: Ségolène Royal en 2007 et Marine Le Pen en 2017 et 2022. Au-delà des candidatures visibles, les inégalités demeurent dans les cercles de décision. Les femmes occupent 28 % des postes clés du pouvoir politique et administratif. Et 80 % des chefs de cabinet ministériels sont des hommes.
Ces chiffres proviennent de l’index de féminisation des instances dirigeantes publié par Oxfam France en 2025. Ils illustrent un déséquilibre dans des fonctions souvent peu visibles, mais centrales dans la prise de décision.
Des progrès réels, mais fragiles
La situation s’est améliorée grâce aux lois sur la parité adoptées à partir de l’an 2000. À l’Assemblée nationale, la part des femmes est passée de 6 % en 1993 à près de 39 % en 2017, avant de reculer légèrement à 37,3 % en 2022, selon les données de l’Assemblée nationale.
Dans les communes, grâce aux lois récentes sur l’égalité, les conseils municipaux se rapprochent d’une parité réelle. Mais la fonction suprême que représente le maire demeure largement masculine : environ trois maires sur quatre sont des hommes. On dénombre un peu moins de 8 000 femmes maires, soit 22,6 % du total des villes. Et dans les grandes villes, l’écart est encore plus marqué: huit femmes seulement président les 42 villes de plus de 100 000 habitants, selon l’Association des maires de France.
Malgré ces avancées, les femmes restent minoritaires dans les postes les plus élevés et les plus stratégiques. La remarque de Yaël Braun-Pivet sur une vie politique « trustée par des hommes » reflète donc une réalité mesurée, tant dans la sphère visible que dans les coulisses du pouvoir.







