En tant qu’invité politique de La Matinale ce 25 avril, Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, a évoqué les informations apportées par Franceinfo concernant l’augmentation des marges des distributeurs pendant la crise du carburant.
Ce passage fait partie d’une retranscription partielle de l’entretien évoqué plus haut. Pour le voir dans son intégralité, cliquez sur la vidéo.
Les marges praticables par les distributeurs ont connu une hausse. Doit-on publier ce décret dont le gouvernement a finalisé la rédaction, afin de plafonner ces marges chez les distributeurs ?
La ligne directrice est claire, et elle n’a jamais été contestée par le gouvernement: il ne doit pas exister de profit tiré de la crise actuelle; il faut protéger le pouvoir d’achat des Français, ce qui signifie qu’on peut accepter certaines marges, mais pas des marges abusives. Le décret en question est prêt; les discussions se poursuivent entre les ministres Serge Papin, Maud Bregeon et Roland Lescure et les représentants des distributeurs. Les chiffres que certains évoquent ne sont pas vérifiés ni officialisés à ce jour. Toutefois, s’ils venaient à être confirmés, il y aurait effectivement une obligation de transparence. Il faut d’abord informer les citoyens, puis tirer les enseignements qui s’imposent.
Mais on nous assure qu’il existe des mécanismes de contrôle.
En effet, on évoque ici un document qui aurait fuité, qui ne serait pas consolidé ni validé, etc. Peu importe. Le message est limpide. Je me place du point de vue des Français: nous aspirons à la transparence. Et l’on affirme clairement un principe fondamental : il ne faut pas tirer profit de cette crise. Cela semble évident. Les réunions et les échanges se poursuivent. J’ai confiance en mes collègues ministres pour faire avancer les choses. Et si jamais il venait à se produire des abus, le décret est prêt à être appliqué.
Des sanctions seraient-elles aussi envisagées, éventuellement, à l’encontre des distributeurs ?
Pour l’instant, le dialogue reste la priorité.
Faut-il aussi analyser les marges des raffineurs, et des entreprises pétrolières qui, de leur côté, engrangent des profits pendant cette crise ?
Ce que j’ai déjà dit vaut également pour les raffineurs: personne ne doit tirer avantage de la crise. Les entreprises ont le droit de dégager des marges — comme le premier ministre l’a rappelé — c’est légitime, elles doivent bien gagner leur vie. En revanche, il ne peut pas exister de « super-marges » parce qu’il y a une crise.
Mais alors, quel est le rôle du gouvernement à ce sujet ?
Là aussi, des rencontres et des échanges se poursuivent sans relâche. Notre objectif est de piloter cette crise qui, par son caractère même, ressemble à une guerre avec des rebondissements constants. C’est pourquoi il faut rester vigilant et actif. Mes collègues ministres se coordonnent et font le point chaque matin.
Les prix du carburant augmentent aussi à la pompe, dépassant parfois les deux euros le litre. Pensez-vous que le gouvernement fait suffisamment, aujourd’hui, pour soutenir les aides destinées au carburant pour l’ensemble des Français, et surtout dans les zones rurales où les déplacements en voiture sont essentiels et où les revenus ne proviennent pas uniquement du travail ?
La stratégie du gouvernement a été de moduler les mesures en fonction de l’évolution de la crise. Des premières annonces, révisées et complétées récemment, ont été élargies encore davantage. En tant que ministre du Logement, je me réjouis des aides apportées au secteur du BTP et aux artisans, qui en ont grand besoin. Plus largement, on apporte aussi un soutien aux pêcheurs, aux agriculteurs et aux grands rouleurs afin de traverser la crise le plus rapidement possible. Cela représente déjà un soutien fort.
Le leasing social, en revanche, ne constitue pas une aide directe.
Il s’inscrit plutôt dans une perspective à moyen terme. C’est toutefois une réaction importante, car elle contribuera à sortir progressivement de la dépendance énergétique. C’est dans ce cadre qu’est mis en œuvre ce dispositif, qui sera rétroactif sur trois mois. Comme toujours, nous resterons extrêmement vigilants et prêts à ajuster notre action en fonction de l’évolution de la crise.
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