D’après l’ancienne Première ministre, elle ne s’identifie pas à la ligne politique défendue par le parti.
Élisabeth Borne a annoncé, ce mercredi 6 mai, sur France Inter qu’elle quittait la présidence du Conseil national du mouvement Renaissance. L’ancienne Première ministre explique ne pas s’identifier à la ligne défendue par le parti et annonce qu’elle va mettre en place sa propre organisation.
Elle précise qu’elle ne se retrouve pas totalement dans l’orientation du mouvement, qui n’est pas nécessairement débattue en son sein; c’est pourquoi elle a choisi de démissionner du Conseil national, de se retirer du bureau exécutif et de se consacrer à la structure qu’elle a créée, nommée Bâtissons ensemble. Cette initiative se présente comme un espace ouvert, destiné à rassembler au-delà des étiquettes partisanes, à animer des échanges dans les territoires et à faire émerger des propositions concrètes. Elle ajoute toutefois qu’elle demeure adhérente à Renaissance « parce que c’est un parti auquel je suis attachée. C’est mon histoire politique ».
Non en lice pour l’Élysée
Le Conseil national de Renaissance doit se réunir le 12 mai pour déterminer si Gabriel Attal, secrétaire général du mouvement, sera désigné candidat officiel, ou si une primaire interne sera lancée. Au cours des derniers mois, Élisabeth Borne a multiplié les gestes de distance à l’égard de son successeur au gouvernement, même si la candidature de ce dernier à l’élection présidentielle semble ne faire aucun doute pour beaucoup.
Pour autant, l’ancienne Première ministre affirme ne pas viser l’élection présidentielle de 2027. « Ce n’est pas du tout le sens de ma démarche et je pense qu’aujourd’hui, il y a déjà largement assez de candidats », déclare-t-elle, ajoutant vouloir « mettre sur la table des propositions » qu’elle développe dans son livre Réveillons-nous (à paraître chez Robert Laffont, jeudi).
Il existe une voie différente de celle des extrêmes
Élisabeth Borne affirme vouloir disposer d’« un espace » où l’on peut se rassembler et travailler à proposer des solutions fondées sur des valeurs qu’elle estime fondamentales. La députée du Calvados met en avant la défense du droit international et du cadre constitutionnel. « Je ne supporte pas quand on remet en cause le Conseil constitutionnel », précise-t-elle.
« Aujourd’hui, le débat public est dominé par les propositions des extrêmes. Dans ce livre, j’indique qu’il existe une autre voie, mais qui exige que l’on s’implique, que l’on se rassemble », affirme-t-elle. Elle milite pour un rassemblement de la gauche réformiste et de la droite modérée, afin d’apporter de vraies réponses aux Français.
La méthode Macron n’était pas la bonne
Elle exclut toutefois une droite modérée qui, selon elle, ostraciserait les managers des Républicains : « Quand j’entends Bruno Retailleau proposer un référendum sur l’immigration pour contourner la République des juges incarnée par le Conseil constitutionnel, je pense que nous ne portons pas les mêmes idées », lance-t-elle.
« Je suis opposée à un pouvoir solitaire et un peu vertical. Il faut respecter les corps intermédiaires, dialoguer avec les collectivités, et accorder une place à tous les partenaires sociaux », déclare-t-elle lors d’un entretien.
Élisabeth Borne évalue aussi différemment le bilan de la présidence d’Emmanuel Macron, qui a dirigé le pays pendant un an et demi. « Je crois que les intuitions portées en 2017 étaient bonnes, même si le monde a évolué depuis. Mais sur la méthode, il faut agir autrement », ajoute-t-elle. Elle propose notamment d’introduire une dose de proportionnelle, d’instaurer un impôt minimal de 15 % pour les plus aisés et de créer un ministère dédié à l’Immigration et à l’Intégration.
Dans la même optique, elle rappelle que son livre Réveillons-nous revient sur la nécessité de revenir à l’esprit des institutions et de donner toute la place au Premier ministre, tout en offrant un droit d’inventaire du macronisme et une réflexion sur les voies possibles pour le pays.







