Nommé par Renaissance sans opposition notable, Gabriel Attal entre officiellement dans la course à l’Élysée. Aux côtés d’Édouard Philippe et Bruno Retailleau, ces trois candidats mènent désormais une primaire officieuse, alimentée par des sondages qui les opposent.
Un nouveau prétendant à l’Élysée issu du cœur du paysage politique est officiellement en lice depuis le mardi 12 mai : Gabriel Attal. Cela était attendu. Sans surprise, le Conseil national de Renaissance a décidé de désigner le « secrétaire général » du mouvement — c’est-à-dire lui-même — plutôt que d’organiser une primaire interne. Une démarche presque factuelle, puisque sa seule opposante déclarée, l’ex-Première ministre Élisabeth Borne, avait choisi de quitter la direction de Renaissance la semaine précédente.
Gabriel Attal s’offre une victoire sans éclat, à l’image du plébiscite minuscule que s’était octroyé Bruno Retailleau il y a un mois en présentant son seul nom aux militants des Républicains. Si l’on ajoute Édouard Philippe, qui a effectué un essai dimanche devant les cadres de son mouvement Horizons et annonce un premier meeting début juillet, on compte déjà trois candidats issus du socle commun, cette alliance du centre et de la droite. Cet ensemble, fragile, n’apparaît plus vraiment comme un socle et partage peu de points communs.
Officiellement, certains à droite réclament toujours une primaire, aux contours d’ailleurs incertains puisque Laurent Wauquiez y intègre Sarah Knafo et exclut Gabriel Attal. Cependant, dans les faits, plus personne n’y croit. Ou plutôt, la primaire est déjà engagée. Elle se tiendra devant l’ensemble des Français et sera tranchée par les sondages.
Un pacte implicite pour éviter un duel RN-LFI en 2027
Gabriel Attal a reconnu la semaine dernière sur 42mag.fr qu’il avait monté une sorte de « comité de liaison » avec Édouard Philippe. Les deux hommes s’entendront le moment venu afin d’éviter un duel au deuxième tour de la présidentielle entre le RN et Jean-Luc Mélenchon. Pour la même raison, mais sans le reconnaître explicitement, Bruno Retailleau pourrait adopter la même attitude. Bref, il y a comme un pacte implicite entre les trois chefs de partis, qui mèneront une pré-campagne jusqu’à la fin de l’année avant de se ranger derrière le mieux placé début 2027.
Une technique qui peut sans doute marcher mieux qu’à gauche, où l’on observe le même éparpillement, car l’espoir de victoire est plus fort à droite et au centre. Et puis, pour la droite, le risque d’un duel RN-LFI constitue un véritable traumatisme qui peut déclencher un réflexe de survie.
Restent toutefois deux écueils majeurs qui pourraient faire échouer ce rassemblement. D’abord, qu’un trublion issu de leurs rangs parvienne à percer et refuse de rentrer dans le rang : Xavier Bertrand, Michel Barnier, David Lisnard ou un autre. Et surtout qu’aucun des trois chefs de partis rivaux ne se détache franchement. C’est le risque lorsque l’on remet son destin entre les mains des sondages.
Si Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau restent encore au coude-à-coude en janvier, il leur restera bien la courte paille. Ou le chifoumi : pierre-feuille-ciseaux ?







