Selon le représentant du Rassemblement national, les premiers responsables des accidents routiers en France ne seraient ni la vitesse excessive, ni l’abus d’alcool ou de drogues, mais plutôt les infrastructures routières (routes, panneaux signalétiques, barrières et autres). Cependant, c’est une affirmation incorrecte. Voici pourquoi.
Lundi 17 juillet, l’administration a instauré une nouvelle loi – « l’homicide routier ». Cette infraction s’applique aux homicides qui se produisent à la suite d’un accident de la route, une mise en place très opportune alors que la population française s’apprête à prendre le volant pour les vacances d’été. Néanmoins, Sébastien Chenu, l’un des porte-paroles du Rassemblement National, estime que les accusations ne devraient pas principalement se diriger vers les automobilistes dans ce genre de tragédie. Selon ses dires, il faudrait mettre l’accent sur l’importance de l’amélioration des infrastructures. Il rappelle même qu’un accident sur trois est causé par la mauvaise qualité de celles-ci.
Cependant, cette déclaration est incorrecte. La première cause des accidents de la circulation est en réalité les « facteurs humains » : que ce soient les agissements du conducteur – excès de vitesse, dépassement risqué, infraction aux règles de priorité – ou bien son état – consommation de substances illicites ou d’alcool, perte de connaissance, distraction). Ces critères sont à l’origine de 92% des accidents de la route selon les récentes statistiques fournies par l’ONISR (l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière).
En 2021, la vitesse, facteur de près d’un accident mortel sur trois
Ce qui est exact dans les propos de Sébastien Chenu, c’est que les routes, les balustrades, les panneaux de signalisation sont vraiment impliqués dans un tiers des accidents. Mais ces facteurs sont largement dépassés par les facteurs humains dans le classement des causes d’accidents. D’autant plus qu’un accident n’est que rarement le résultat d’une seule cause, il y a donc généralement plusieurs éléments combinés à l’origine d’une collision. Ainsi, d’après les chiffres actuels de l’ONISR, seulement 1% des accidents sont directement liés à un défaillance des infrastructures. Au contraire, 15% des impacts proviennent d’une combinaison de facteurs humains et des problèmes relatifs aux infrastructures. A titre de comparaison, le comportement ou l’état du conducteur est seul responsable de 46% des accidents.
Cette tendance se révèle encore plus flagrante quand on considère les statistiques des accidents mortels rapportées par l’ONISR. En 2021, la première cause des accidents mortels est la vitesse : celle-ci est responsable de près d’un accident sur trois. Cependant, les causes des accidents mortels varient en fonction du type de véhicule utilisé. L’excès de vitesse ou la vitesse inadaptée est la première cause chez les conducteurs d’automobiles ou de motos. Par contre, l’alcool est le principal risque pour les conducteurs de scooters, tandis que la distraction est le facteur premier chez les piétons.