La hausse des coûts de l’énergie alimente les inquiétudes quant à une reprise de l’inflation. Cette dynamique pourrait se traduire par une augmentation des tarifs pour bon nombre de produits. Pour illustrer ce phénomène, on peut citer l’exemple emblématique de la baguette de pain. À Beauchamp, dans le Val-d’Oise, plusieurs artisans constatent déjà que leurs charges augmentent, leurs factures liées à l’énergie pesant sur leur activité.
Ce texte constitue une portion de la retranscription du reportage cité ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour le visionner en intégralité.
Pour élaborer son pain, Frédéric Gauthier, boulanger installé à Beauchamp dans le Val-d’Oise, exploite un four alimenté au fioul. Cet outil est précieux et efficace, mais il est aussi très gourmand en énergie et risque de faire grimper encore sa facture. Plus d’une dizaine de jours après le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, il évalue ses dépenses et confie: « La dernière fois, j’ai fait le plein de fioul avec 2 150 litres, et le litre coûtait 0,98 € hors taxe. Aujourd’hui, mon fournisseur m’annonce 1,63 € le litre. »
Cette hausse représenterait environ 1 000 € de coût supplémentaire s’il remettait une commande aujourd’hui. Dès lors, il préfère jouer l’attente, mais cela n’est pas la seule dépense en hausse. Les matières premières aussi augmentent. « On n’est pas trop inquiets pour le blé parce qu’on dispose encore de farine », explique l’artisan, « en revanche, pour d’autres éléments, la situation est plus préoccupante. Le beurre, notamment, car il n’est pas produit en Île-de-France. Des kilomètres supplémentaires entrent en jeu. À un moment donné, chaque kilomètre sera facturé. »
Il faudra tout prendre sur soi
Pour pouvoir rémunérer ses 16 salariés, il a choisi de réduire ses marges et de renoncer à une partie de son salaire, échelonnant cela sur deux mois. « Cela va devenir une charge mentale, il va falloir tout assumer », souffle Frédéric Gauthier, « et ensuite, côté trésorerie, il faudra aussi faire face. Je pense aller voir mon banquier pour obtenir une certaine souplesse. »
Pour le moment, ce boulanger ne projette pas d’augmenter les tarifs de sa baguette ni de ses viennoiseries. Les clients, de leur côté, craignent une hausse. « On redoute un peu quand même, compte tenu du contexte actuel », confie une cliente. Comme nombre d’artisans, Frédéric Gauthier va continuer à surveiller de près l’évolution du prix du fioul.







