François Villeroy de Galhau affirme que l’économie mondiale traverse une période marquée par une série de perturbations qui s’additionnent les unes aux autres, engendrant une incertitude d’une ampleur considérable et une imprévisibilité très prononcée. Il explique que cette configuration complexe rend les perspectives économiques extrêmement sensibles et difficiles à prévoir. D’après lui, l’évolution de cette situation dépendra de la durée pendant laquelle le conflit perdurera.
Nous surveillons la situation de très près, car elle est grave, mais il est prématuré de tirer des conclusions économiques, a déclaré François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, jeudi 5 mars sur France Inter, alors que le conflit au Moyen-Orient entame son sixième jour. Il reconnaît que l’économie mondiale doit faire face à une succession de chocs qui génère une incertitude et une imprévisibilité importantes.
Concernant les marchés financiers, le gouverneur assure qu’à ce stade, la stabilité du système financier ne paraît pas menacée. Je peux l’affirmer clairement, c’est l’un des éléments que l’on sait, précise-t-il. Par ailleurs, il indique que le dollar a gagné en valeur en tant que valeur refuge.
Nous n’allons pas connaître de récession et nous n’en aurons pas
Pour ce qui est de la France, François Villeroy de Galhau estime que nous n’allons pas connaître de récession et nous n’en aurons pas; il mise sur la capacité de l’économie à faire preuve de résilience et d’adaptation, comme lors des précédents chocs qui ont touché l’économie, notamment la pandémie de Covid-19, le conflit en Ukraine, les tensions commerciales avec la Chine ou les droits de douane imposés par les États-Unis. Il prévoit toutefois que la guerre pourrait faire monter un peu l’inflation et freiner légèrement la croissance, en fonction de la durée du conflit. Est-ce un phénomène temporaire ou durable de hausse des prix ? La réponse, on ne la connaît pas, admet-il. Pour l’instant, François Villeroy de Galhau ne voit aucune raison pour laquelle la BCE devrait augmenter ses taux d’intérêt.
La Banque de France suit donc avec une très grande attention l’évolution des prix de l’énergie et les mouvements sur les marchés. Ce matin-là, on observe une hausse d’environ 15% du prix du pétrole en trois jours et une augmentation plus marquée du coût du gaz, dépassant un peu les 50%, note-t-il. Il rappelle que, pour le gaz, on partait d’un niveau très bas et que les prix actuels n’atteignent pas encore les sommets vus au moment de la guerre en Ukraine.
Aucune « justification » pour compenser la hausse du prix du carburant
2026 n’est pas 2022, affirme-t-il, ce qui signifie que le choc inflationniste n’est pas exactement de la même nature, étant notamment lié à la sortie de la pandémie et s’étendant à l’époque à l’ensemble des matières premières. Le gouverneur rappelle aussi que le prix du pétrole pèse bien plus sur l’économie française que le prix du gaz, car le gaz est surtout utilisé pour le chauffage et nous sortons tout juste de l’hiver.
Mercredi, Marine Le Pen, présidente du groupe RN, a proposé de diminuer les taxes sur les carburants pour compenser les hausses affichées à la pompe. Comme Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, le chef de l’institution monétaire estime qu’il est tout à fait prématuré d’envisager ce genre de mesures, et il ne voit pas de justification non plus, rappelant que aucun autre pays ne prévoit de le faire pour le moment. Avant d’envisager ce type d’action, selon lui, il faut clarifier la situation. Par ailleurs, nous ne disposons pas de fonds supplémentaires pour venir subventionner le prix de l’essence.
Le point sur la guerre au Moyen-Orient et ses répercussions sur les marchés sera discuté lors de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, qui se tiendra les 18 et 19 mars, où de nouvelles prévisions pour la France et l’Europe seront examinées. François Villeroy de Galhau rappelle aussi que la Banque de France publiera ses prévisions le 26 mars.







