Lors d’un rassemblement organisé à Lyon, le jeudi 26 février, Jean-Luc Mélenchon a laissé entrevoir l’ouverture sur une nouvelle controverse. Était-ce volontaire ou non de sa part ? Quoi qu’il en soit, ses propos ont provoqué l’indignation au sein de la classe politique, allant de François Hollande à Laurent Nuñez.
Ce texte constitue une portion de la retranscription du reportage cité plus haut. Pour le visionner en intégralité, cliquez sur la vidéo.
Jean‑Luc Mélenchon se voit immédiatement pris dans un jeu de reproches. Lors d’un déplacement à Lyon, en soirée du jeudi 26 février, où il venait soutenir la candidate insoumise, il a douté de la prononciation associée au nom de Jeffrey Epstein, l’homme lié à des affaires d’abus sexuels. Sauf s’il s’agit de l’affaire Epstein. Ah, j’ai voulu dire “Epstine”. Pardon, cela sonne plus russe, “Epstine”. À partir de maintenant, vous direz “Epstine” au lieu d’Einstein. Frankenstein deviendrait Frankenstine.
Vives condamnations et réactions
Le monde politique a aussitôt interprété ces propos comme antisémites et a dénoncé l’ironie employée par le dirigeant de la France insoumise lorsqu’il s’attaque à un nom à consonance juive. Le chef de l’État n’a pas réagi publiquement, mais a relayé sur son compte le contenu d’un discours consacré à l’antisémitisme prononcé il y a une quinzaine de jours. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, porte la réprimande plus loin : « Ce sont des propos abjects. Ils cherchent à se justifier en les qualifiant d’ambiguës. C’est une ambiguïté qui n’en est pas vraiment une. Ça ressemble aux pratiques de Dieudonné, parfois même à celles d’Alain Soral. »
Une avalanche de critiques s’est abattue, émanant notamment des représentants de la communauté juive, de la droite et de la gauche, et même de l’ancien président de la République, François Hollande. « À force d’employer les formules les plus crasses, Jean‑Luc Mélenchon a fini par basculer dans des propos antisémites d’une intolérable gravité », estime-t-il.
Une éventuelle stratégie du leader de la France Insoumise ?
Alors, s’agit‑il d’un dérapage isolé ou d’un calcul politique délibéré de la part du chef de la France insoumise ? « Il s’agit d’un double mouvement : d’un côté, parler d’une voix très ferme et de manière très radicale pour mobiliser un électorat souvent abstentionniste, sensible aux exagérations, car autrement il ne suit pas l’actualité. De l’autre, en pleine polémique autour de l’affaire Quentin, démontrer qu’il est réellement prêt à affronter ses adversaires », analyse Benjamin Morel, constitutionnaliste et maître de conférences en droit public à Paris‑Panthéon‑Assas.
Dans un message publié sur Twitter, Mélenchon dément toute intention antisémite et précise : « J’ai ironisé sur l’idée d’employer Epstein comme nom pour russifier le problème. » Il accuse par ailleurs ses opposants de viser à marginaliser la France Insoumise.







