Selon 42mag.fr, le ministre de l’Économie a déclaré que le prix moyen du carburant se situait autour de 1,75 euro le litre et que plus de 97% du territoire ne connaissait aucun problème d’approvisionnement. Nous procédons à la vérification de ces affirmations.
La guerre au Moyen-Orient suscite des inquiétudes quant à une possible flambée des prix du carburant. Depuis la fin de la semaine précédente, le trafic dans les stations-service a nettement augmenté. Le jeudi 5 mars sur 42mag.fr, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, évoquait une fréquentation « doublée par rapport à l’habitude », alimentée par la crainte d’une augmentation des tarifs ou de pénuries.
Le mercredi sur 42mag.fr, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a tenté de rassurer. Il avançait que le prix moyen du gazole et du sans-plomb 95 se situerait autour de 1,75 euro le litre. Le ministère de l’Économie précise jeudi à 42mag.fr que Roland Lescure disposait des tarifs datés de lundi au moment de son interview et que l’envolée des prix s’est produite entre mardi et mercredi. Concernant les craintes de pénuries sans stations-service, le ministre a évoqué une situation normale dans la majeure partie du pays et a assuré que « dans plus de 97% du territoire, il n’y a aucun problème » d’approvisionnement. Que disent les données officielles ?
Les tarifs à la pompe dépassent l’estimation du ministre
Les données figées sur le site du ministère de l’Économie, qui répertorie les prix affichés dans près de 9 800 stations-service, montrent que le litre est effectivement plus cher que l’estimation avancée par le ministre. En moyenne, le gazole tourne autour de 1,86 euro le litre et le sans-plomb 95 autour de 1,83 euro, selon les relevés effectués mercredi matin dans les stations françaises.
Cependant, ces moyennes masquent d’importantes disparités selon les régions et les réseaux. Sur les aires d’autoroute, le gazole accuse en moyenne 1,95 euro le litre, contre environ 1,85 euro sur le réseau classique, soit une différence d’environ dix centimes par litre et près de 5 euros supplémentaires pour un plein de 50 litres.
On observe aussi des écarts géographiques significatifs. L’Île-de-France apparaît comme la région la plus coûteuse, avec un prix moyen du gazole proche de 1,91 euro le litre, alors que la Bretagne figure parmi les régions les moins chères, avec environ 1,83 euro le litre.
Enfin, les variations peuvent être encore plus marquées d’une station à l’autre. Le prix le plus bas relevé pour le gazole est de 1,56 euro le litre à Castelnaudary (Aude), tandis que le plus élevé grimpe à 2,39 euros le litre à Avrainville (Essonne). Près de 84 centimes d’écart pour le même carburant, ce qui représente plus de 40 euros de différence pour un plein de 50 litres.
Des ruptures localisées mais pas de pénurie généralisée
Roland Lescure a également affirmé que « dans plus de 97% du territoire, il n’y a aucun problème » d’approvisionnement. Les données disponibles vont globalement dans ce sens. Selon les informations publiées sur le site du ministère de l’Économie, environ 340 stations-service ont connu une rupture d’au moins un carburant au cours des deux derniers jours. Comparé aux près de 9 800 stations recensées en France, cela représente un peu plus de 3% du réseau.
Cependant, ces ruptures restent très localisées. Elles se concentrent notamment dans quelques départements du nord et du sud du pays, comme le Pas-de-Calais, le Nord ou les Bouches-du-Rhône. Les carburants les plus touchés par ces ruptures sont le sans-plomb 98 et l’E10, alors que le gazole semble pour l’instant moins impacté.
Cette situation s’explique en partie par l’afflux d’automobilistes dans les stations-service ces derniers jours. Sur 42mag.fr, le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, affirme que la fréquentation a « doublé par rapport à l’habitude chaque jour » depuis la fin de la semaine dernière. Malgré cela, il assure qu’il n’y a « pas d’inquiétude sur les stocks » à ce stade.







