Selon Dominique Schelcher, les automobilistes se présentent de plus en plus fréquemment dans les stations-service depuis la fin du week-end dernier, avec une fréquentation qui représente environ le double de ce qui est habituellement observé chaque jour.
« Le bénéficiaire ultime de cette affaire, qui est-ce donc ? C’est l’État », affirmait jeudi 5 mars sur 42mag.fr Dominique Schelcher, président-directeur général de Coopérative U, alors que la fréquentation des stations-service s’envole ces derniers jours, tirée par les tensions au Moyen-Orient.
« Plus de 51 % du montant que vous dépensez à la pompe est versé directement dans les caisses publiques. Il n’est pas question de parler de marges de distribution », ajoutait-il, alors que le ministre de l’Économie, Roland Lescure, avait prévenu mercredi sur 42mag.fr que les distributeurs « entendraient parler de [lui] » si des hausses abusives des prix à la pompe venaient à être constatées.
Dominique Schelcher lui répond en rappelant que « l’essentiel du prix du carburant, ce ne sont pas les marges des distributeurs, mais les taxes ». Selon lui, la composition du prix d’un litre de carburant se décompose approximativement ainsi : environ 40 % pour la matière première, 10 % pour la logistique et plus de 50 % pour la fiscalité.
Le dirigeant de Système U souligne que le carburant demeure un « produit d’appel » et que les enseignes cherchent à rester compétitives, notamment autour du seuil symbolique des « 2 euros le litre ». « On fait tout dans nos stations pour rester en deçà, mais il y a une réalité économique : nous devons aussi couvrir nos charges », précise-t-il. Concernant d’éventuelles opérations à prix coûtant, Dominique Schelcher assure que le groupe est « prêt à tout pour accompagner ses clients » et reste « mobilisé pour proposer le prix le plus compétitif », suivant l’évolution des marchés « au jour le jour ».
Une fréquentation en double par rapport à la normale, chaque jour
Mais Dominique Schelcher se veut rassurant : il n’y a « pas d’inquiétude sur les stocks », « aucun signe d’inquiétude à avoir à ce stade », concernant l’approvisionnement en carburant des stations-essence en France. « Il n’y a pas de nécessité aujourd’hui à se précipiter à la station », déclare le dirigeant, précisant que « depuis la fin de la semaine dernière, la fréquentation est forte et bat des records ». « On double la fréquentation par rapport à l’habitude chaque jour », précise-t-il.
Selon lui, ce regain d’activité s’explique à la fois par « la volonté de faire des économies avant les hausses » de prix et par la « crainte » qu’il n’y ait plus de carburant dans les prochains jours. « Il y en aura, c’est sûr », insiste-t-il. « Moins il y a de panique, moins il y a de ruptures », ajoute Dominique Schelcher, appelant les automobilistes au calme.
Roland Lescure doit réunir jeudi matin les principaux distributeurs de carburant à Bercy. Cette réunion se tient alors que l’on observe une hausse « de quelques centimes » sur les prix des carburants en France, dans un contexte de tensions géopolitiques liées à la guerre au Moyen-Orient.







