Face à l’augmentation des prix occasionnée par les tensions entourant le détroit d’Ormuz, plusieurs États invitent l’Union européenne à renouer avec l’imposition des profits spectaculaires réalisés par les entreprises énergétiques. Le but affiché est de rassembler des fonds pour soutenir les consommateurs sous forme d’aides.
La tension persiste clairement autour du détroit d’Ormuz en ce lundi 13 avril, et la volatilité des prix des hydrocarbures—gaz et pétrole—devrait se maintenir. Pour les automobilistes, cela signifie une hausse des prix à la pompe, tandis que les géants pétroliers bénéficient de marges plus importantes; les profits exceptionnels accumulés font l’objet d’un examen minutieux par Bruxelles. On assiste ainsi à un retour à des scenarii similaires à ceux de 2022, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Peu après l’élan des troupes russes en Ukraine il y a près de quatre ans, l’Union européenne avait instauré ce qui était présenté comme une « contribution temporaire de solidarité » prélevée sur les producteurs et distributeurs d’énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), dont les bénéfices avaient été dopés par le conflit. Par ailleurs, un autre mécanisme ciblait les recettes excédentaires des producteurs d’électricité. À ce stade, la Commission européenne n’a pas encore enclenché l’action, mais la pression est forte.
Des pays réclament le rétablissement des prélèvements
Plusieurs États, comme l’Espagne, l’Autriche, l’Italie et le Portugal, réclament le rétablissement et une mise en œuvre rapide des prélèvements introduits à partir de 2022. Selon eux, ce dispositif permettrait notamment de financer des aides destinées aux consommateurs confrontés à la hausse des tarifs énergétiques, et de compenser l’inflation.
L’Union peut exercer ce type de pression, mais les États membres n’ont pas attendu une décision centrale pour agir. Ils peuvent adopter des mesures à l’échelle nationale. Toutefois, une décision prise par Bruxelles aurait l’avantage d’unifier l’action et de l’appliquer d’emblée à l’ensemble des producteurs, raffineurs et énergéticiens européens, sans distinction. Cette démarche coordonnée est jugée plus efficace. L’idée d’une initiative européenne a été évoquée par la porte-parole de la Commission, Paula Pinho, mais le dossier n’est pas tranché, certains pays avançant leurs propres propositions. L’Allemagne, dirigée par le chancelier Friedrich Merz, privilégie notamment une intervention des autorités de la concurrence pour récupérer les profits éventuels réalisés par les majors pétroliers au détriment de la guerre.







