Lors de son passage sur l’émission Les 4 Vérités, ce mercredi 29 avril, le secrétaire général d’Horizons reconnaît que Édouard Philippe a bien eu une entrevue avec Gabriel Attal au sujet de l’échéance présidentielle de 2027; toutefois, il affirme qu’aucun accord n’a été conclu entre les deux anciens Premiers ministres pour éviter un affrontement, démentant ainsi les informations relayées par Le Parisien.
Des échanges ont bel et bien eu lieu entre Édouard Philippe et Gabriel Attal au sujet de la présidentielle de 2027, confirme ce mercredi 29 avril sur le plateau des « 4V » Christophe Béchu, secrétaire général d’Horizons. En revanche, le maire d’Angers rejette l’idée d’un « pacte » de non-agression qui aurait été conclu entre les deux hommes selon Le Parisien. Un tel accord « n’existe pas selon ces termes », précise Béchu, qui laisse par ailleurs entendre que le maire du Havre pourrait tout à fait se retirer s’il n’était pas en mesure de l’emporter.
Ce texte est issu d’une partie de la retranscription de l’entretien ci‑dessus. Regardez la vidéo pour le voir dans son intégralité.
Gilles Bornstein : Avez-vous des nouvelles d’Édouard Philippe ? Sa campagne devait prendre de l’ampleur après les municipales, il y a cinq semaines. On attendait des signes plus nets. Il a fait un passage au « 20 Heures » ici même, sur ce plateau, puis plus rien. Quand peut‑il réellement accélérer ?
Tout d’abord, Édouard Philippe est le seul candidat déclaré à la présidentielle qui a pris le risque de briguer en parallèle des municipales dans une grande ville, avec un message simple. Son choix au Havre, une ville où les enjeux sont plus complexes que dans bien d’autres territoires, démontre qu’il peut porter ce même raisonnement à l’échelle nationale. Après ces municipales, notre attention se porte désormais sur l’élection présidentielle. Le 10 mai, il y aura une réunion avec les cadres et l’ensemble des maires pour envisager précisément 2027. Chaque étape a sa temporalité. À mes yeux, les Français attendent aujourd’hui un changement de fond, mais un moment de pause s’impose pour préparer le futur, organiser les équipes et mettre en place un projet.
Le 10 mai, est‑ce la présentation du fameux programme solide ?
Non, le 10 mai n’est pas le moment du dévoilement d’un programme. C’est le moment où l’on fait le tri dans nos acquis et où l’on organise notre formation politique. Peu importe que certains soient impatients : les électeurs n’attendent pas des promesses aujourd’hui, mais des actions concrètes qui se traduiront en 2027, après une période de préparation.
Mais concrètement, que faut‑il faire ?
Encore une fois, 2026 ne signifie pas l’inactivité. Entre la conjoncture internationale actuelle, les attentes des Français et le besoin de proposer un programme sérieux, crédible et capable d’être mis en œuvre, qui transforme réellement leur vie, cela ne se décide pas en quelques minutes.
En persistant à promettre un programme ambitieux tout en prolongeant le temps, ne craignez‑vous pas de décevoir ?
Ce qui compte, ce n’est pas de contenter une impatience immédiate, mais d’être à la hauteur d’une présidentielle qui demeure l’une des plus déterminantes pour notre pays, notamment en raison du risque de basculement vers des extrêmes.
C’est donc une raison de plus pour concevoir les choses sérieusement, surtout dans un contexte où les populismes ont le vent en poupe comme jamais. Les petites phrases sorties sur les plateaux et qui promettent tout et n’importe quoi sont faciles. Ce qui est essentiel, c’est d’offrir un chemin clair et d’expliquer comment on l’empruntera et avec qui, ce qui nécessite forcément plus de temps. Et rassurez‑vous : le programme sera dévoilé en son temps.
Des articles évoquent un pacte secret entre Édouard Philippe et Gabriel Attal, chacun s’étant engagé à se retirer si l’un d’eux n’était pas en mesure de triompher. Est‑ce que, du côté d’Édouard Philippe, vous confirmez cette éventuelle démarche ?
Je ne parle pas de « pacte », car ce terme n’existe pas tel quel. En revanche, je confirme que nous avons des discussions et que, dans le socle commun des forces, tout le monde comprend qu’un afflux de candidats ne serait pas utile. Si tous restent en lice, cela favoriserait les extrêmes et pourrait conduire à un duel Mélenchon‑Le Pen ou Mélenchon‑Bardella. Dès lors, il faudra des décalages et des retraits progressifs selon l’évolution de la campagne.
Mais si Édouard Philippe n’était pas celui qui peut l’emporter, peut‑être se retirerait‑il au profit du candidat le mieux placé ?
Édouard Philippe est un homme d’État. Il n’a jamais placé l’intérêt de son parti ni ses intérêts personnels au‑dessus de l’intérêt général de la France.
Le président de la République a attaqué les « Mabouls » qui voudraient « se fâcher avec l’Algérie ». Édouard Philippe, lui, veut dénoncer les accords de 1968 qui régissent les relations entre les deux pays, ce qui pourrait clairement créer des tensions avec l’Algérie. Est‑ce qu’il est « maboul » ?
Plusieurs points : tout d’abord, Édouard Philippe — et notre parti — estiment que les accords de 1968, qui régissaient une relation privilégiée entre l’Algérie et la France, ne sont plus adaptés et ne doivent plus influencer la conduite contemporaine.
La révocation de ces accords sera‑t‑elle au programme ?
Oui, je vous l’assure, pour une raison simple. Comment tolérer aujourd’hui un traitement de faveur envers des États qui ont, entre autres, emprisonné Boualem Sansal, condamné Kamel Daoud et continuent à détenir des personnes condamnées par la justice française, tout en instrumentalisation des ressentiments anti‑français pour fédérer une unité nationale et attiser les braises ?
Même si certains de leurs ressortissants ont été rapatriés récemment ?
Oui, quelques individus peuvent être revenus, mais les chiffres réels restent bien plus élevés que cela. Demander de remettre en cause ces accords est nécessaire, et il serait incohérent de dire que les liens actuels permettent un retour équivalent.
Doit‑on être plus sévère avec l’Algérie que ne le serait le président en place ?
Cette question reflète la complexité du dossier, notamment à cause des origines et du poids de la colonisation. Mais ce que le président actuel semble omettre, c’est que les tensions se sont aggravées après la reconnaissance par la France des prétentions marocaine sur le Sahara occidental. En questionnant les signes et les choix diplomatiques récents, on peut aussi s’interroger sur la nature des relations actuelles. Pour ma part, ce qui paraît encore plus absurde, c’est le système qui oblige à importer des médecins hors UE — environ 15 000 — faute de la formation suffisante en France et qui pousse à piller des ressources humaines médicales utiles pour les pays d’où ils viennent. Il s’agit ici d’une réforme majeure qui mérite d’être mise en œuvre.
J’imagine qu’à Angers aussi, l’hôpital ne peut pas fonctionner sans médecins étrangers ?
Le problème est bien réel : un système qui refuse d’accueillir et de faire travailler sans tracasseries administratives des médecins venus d’ailleurs est incompréhensible et doit être réexaminé. Agir ainsi ne dépend pas uniquement de l’Algérie; il faut repenser beaucoup de choses. C’est l’une des réformes qui figureront dans notre feuille de route.
Le Conseil des ministres va examiner ce matin un projet de loi visant à autoriser les boulangers et les fleuristes à ouvrir le 1er mai et à faire travailler les bénévoles. Êtes‑vous favorable ?
Dans une logique qui se limite aux petits commerces, oui.







