La confiance des ménages français a chuté de cinq points pour s’établir à 80 en octobre, son niveau le plus bas depuis juin 2013, selon l’enquête de l’INSEE publiée le 27 octobre.
L’indice est normalisé autour d’une moyenne à long terme de 100, ainsi 80 signale un sentiment anormalement faible plutôt que l’estimation selon laquelle 80 % des ménages seraient pessimistes.
Cette détérioration a été générale. Le solde des prévisions des ménages sur leur situation financière future a reculé de neuf points pour atteindre -24, tandis que les intentions d’effectuer des achats importants ont chuté à -41. Les anticipations concernant le niveau de vie national se sont dégradées, et le solde mesurant les craintes de chômage s’est élevé à 61. Il s’agit de soldes d’opinion, et non de prévisions de dépenses ou de pertes d’emplois.
Les perceptions des prix restent une composante de la pression. Le solde relatif aux variations passées des prix à la consommation est passé de 34 en septembre à 42 en octobre. Toutefois, l’enquête a aussi montré une moindre propension à épargner et une baisse de deux points du climat d’épargne synthétique. Les ménages peuvent se sentir exposés face à l’évolution des prix tout en ayant moins de marge ou d’envie pour mettre de l’argent de côté.
Le contexte n’est pas la causalité
Reuters a lié ce calendrier à une vague de protestations qui s’est étendue des conditions scolaires à la politique économique. Le Wall Street Journal a ajouté le contexte d’une flambée de ventes d’obligations d’État et a rapporté que les économistes interrogés lors de l’enquête prévoyaient que l’indice de confiance resterait à 85. Les deux éléments constituent des composantes plausibles du contexte, mais le communiqué de l’INSEE n’attribue pas une cause unique à chaque réponse.
Le résultat de la confiance doit aussi être distingué du climat des affaires. Le tableau de bord d’octobre de l’INSEE situe le climat général des affaires à 98 et le secteur manufacturier à 105, tandis que le commerce de détail est à 93. Les entreprises et les ménages peuvent donc interpréter la même économie de manières différentes, surtout lorsque les fabricants disposent de carnets de commandes mais que les ménages font face à des factures en hausse et à des finances publiques incertaines.
Les ménages et les entreprises envoient des signaux différents
Une enquête mensuelle peut réagir rapidement après des chocs politiques ou économiques. Elle ne prouve pas que la consommation diminue de manière équivalente. Des preuves plus solides résideraient dans une série de lectures faibles suivies de données réelles sur les dépenses des ménages, les ventes au détail et l’évolution du marché du travail.
Pour les décideurs, la composition compte autant que le niveau historiquement bas. Un choc de confiance temporaire peut se dissiper lorsque les événements se calment. Une baisse conjuguée des finances prévues, du niveau de vie et des achats importants est plus difficile à inverser car elle touche des décisions des ménages à long terme. La prochaine publication indiquera si octobre a constitué un creux ou le début d’un recul plus durable.






