L’emploi salarié privé en France a reculé de 0,1 pour cent entre la fin juin et la fin septembre, soit une perte nette de 25 800 postes, selon l’estimation flash de l’INSEE. Le trimestre précédent avait également enregistré une baisse de 0,1 pour cent. Le nouveau chiffre est provisoire et couvre les salariés du secteur privé hors Mayotte.
Une légère variation trimestrielle prend de l’ampleur lorsqu’on la situe dans une série. L’emploi affichait une baisse de 0,3 pour cent par rapport à l’année précédente, soit environ 69 800 postes de moins, ce qui constitue un septième trimestre consécutif de déclin sur douze mois. Il était également en repli de 0,7 pour cent par rapport au sommet atteint au premier trimestre de 2024.
Les apprentissages perdent leur élan
Les contrats en alternance, qui se font majoritairement sous forme d’apprentissages, ont fortement contribué à la baisse du trimestre. L’AFP a décrit cela comme un nouvel avertissement pour l’emploi des jeunes. Les données ne signifient pas que chaque apprenti a perdu un poste, mais elles démontrent qu’une voie qui avait alimenté la croissance de l’emploi n’apporte plus le même souffle.
Le tableau sectoriel est inégal. L’emploi dans la construction a reculé de 0,4 pour cent sur le trimestre et de 1,6 pour cent sur l’année. L’agriculture a chuté de 1,9 pour cent sur trois mois, tandis que les effectifs industriels hors intérim ont fléchi de 0,2 pour cent. Les services marchands hors intérim sont restés presque stables.
Le travail temporaire envoie un signal opposé
Le travail temporaire a évolué dans l’autre sens, en hausse de 1,3 pour cent après une baisse de 1 pour cent au deuxième trimestre. Cette reprise peut être un signe précoce de la demande, mais le travail temporaire demeurait 8,7 pour cent en dessous de son niveau d’avant la pandémie. Un segment en amélioration n’efface donc pas la faiblesse plus générale.
Les comparaisons sur le long terme évitent également une lecture trop pessimiste. L’emploi salarié privé restait 4,9 pour cent au-dessus de son niveau à la fin de 2019, soit près d’un million de postes de plus. Le problème actuel réside dans l’érosion par rapport au pic de 2024, et non dans un retour à la base d’emploi qui prévalait avant la pandémie.
L’estimation flash n’est pas la version définitive
L’INSEE publiera une estimation détaillée du troisième trimestre le 27 novembre. Cette publication peut réviser le chiffre flash et apporter des détails sur le secteur public et les données démographiques. D’ici là, le message vérifié est une contraction trimestrielle modeste, une poursuite du déclin annuel et une pression particulière sur les apprentissages, la construction et l’agriculture.




