En tant que personnalité politique invitée dans La Matinale ce mercredi 11 mars, l’élu du Rassemblement National pour la Moselle affirme que Emmanuel Macron semble dépassé sur la scène internationale, tout en reconnaissant que l’idée visant à sécuriser le détroit d’Ormuz est bonne.
À l’approche d’une réunion réunissant le Premier ministre et l’ensemble des formations politiques du pays pour discuter notamment de la situation en Iran, Laurent Jacobelli, invité d’Alix Bouilhaguet sur 42mag.fr ce mercredi 11 mars, confirme que Marine Le Pen et Jordan Bardella seront de la partie. « Nous attendons que le Premier ministre expose la position de la France », précise l’élu du Rassemblement national (RN) représentant la Moselle et porte-parole du parti.
Ce texte représente une portion de la retranscription de l’entretien ci-dessus. Pour l’intégralité, accédez à la vidéo.
Alix Bouilhaguet : À 15 heures, Sébastien Lecornu recevra l’ensemble des formations politiques. Le cadre se situe à Matignon. Il va être question notamment de la situation en Iran. Marine Le Pen et Jordan Bardella seront-ils présents ?
Oui, bien évidemment.
Vous confirmez leur présence. Qu’attendez-vous précisément de lui ?
Avant tout, nous voulons que le Premier ministre explique clairement la position de la France. Nous avons compris qu’il s’agit d’une stratégie défensive: nous ne laisserons pas nos intérêts nationaux être pris pour cible. Il faut donc qu’il détaille comment cette politique sera mise en œuvre et, surtout, qu’il nous parle de nos concitoyens. Comment compte-t-on protéger les Français face à d’éventuelles attaques iraniennes, directes ou indirectes, et, bien sûr, face à la crise économique et à la perte du pouvoir d’achat qui pourraient découler du renchérissement du coût de l’énergie ?
Autrement dit, assurer la défense sans basculer dans le conflit, c’est bien la position française, celle d’Emmanuel Macron. Cela vous paraît-il être le juste équilibre ?
Oui, c’est un équilibre réel. À un moment où il faut aider l’Iran à se débarrasser des mollahs et soutenir le Liban dans sa lutte contre le Hezbollah—une tâche que Israël et les États-Unis ont déjà engagée à leur côté, selon moi.
Ce que vous laissez entendre, c’est que vous redoutez les répercussions du terrorisme sur le territoire national ?
L’Iran est capable de tout. On a vu, depuis des années, la dynamique des ayatollahs: violence, répression, criminalité. C’est pourquoi il faut permettre au peuple iranien de se libérer de cette théocratie, mais aussi œuvrer pour la sécurité du monde entier. En effet, ils ont financé et organisé du terrorisme à travers le monde, et la France en a, hélas, une bonne connaissance. Donc oui, nous soutenons le peuple iranien, mais pas les ayatollahs. Nous sommes aussi aux côtés du peuple libanais, avec lequel nous avons des liens étroits, contre le Hezbollah.
Vous dites soutenir le peuple iranien. Ce dernier, d’une certaine manière, avait demandé l’intervention américaine.
Écoutez, aucun peuple ne peut accepter ce qui lui est imposé par les mollahs: voile obligatoire pour les femmes, répression généralisée. Les manifestations d’il y a quelques semaines ont fait des dizaines de milliers de morts. Ce régime est dépassé et sanglant, et il doit disparaître. C’est le rôle du peuple lui-même de s’en libérer.
Mais vous ne dites pas pour autant que vous applaudissez l’intervention américaine qui était pourtant sollicitée par le peuple iranien ?
Écoutez, on se demande encore pourquoi les États-Unis sont entrés en scène. Est-ce pour des raisons économiques ? Pour la démocratie ? La justification varie. En revanche, on sait pourquoi Israël est intervenu: pour se protéger d’un Iran hostile qui le viserait et qui a récemment été pris pour cible par le Hezbollah, ce qui explique la réponse naturelle et légitime d’Israël.
Emmanuel Macron souhaite également préserver la liberté et la sécurité de la navigation, notamment dans le détroit d’Ormuz, actuellement bloqué par les Iraniens. Mais cela se ferait après que les armes se seraient tues. Est-ce crédible, qu’une France en coalition puisse gérer ce genre de enjeux ?
Autrement dit, l’idée est louable. Bien sûr, il faut rouvrir la voie de navigation à Ormuz, puisque c’est un cinquième du commerce, notamment pétrolier, qui passe par là. Mais la France est-elle encore suffisamment forte, est-elle encore écoutée ? Telles sont les interrogations qui entourent la diplomatie française. Le fait que ce conflit ait éclaté sans, apparemment, que le président soit prévenu remet en cause l’influence de la France sur la scène internationale, et cela interpelle sur sa place dans le monde.
Pourtant, les sondages montrent un effet de crise-sur-bannière: Emmanuel Macron a gagné six points en un mois selon le dernier baromètre Elabe. Cela ne peut-il pas, au contraire, fragiliser une éventuelle candidature Bardella en 2027, étant donné qu’il est encore jeune et dépourvu d’expérience sur la scène internationale ?
Non, je n’y crois pas. Ce que ces épisodes démontrent, c’est que Macron a été largement dépassé sur le plan international, que peu de personnes le regardent comme un interlocuteur crédible, et qu’il manque de propositions concrètes pour protéger le pouvoir d’achat des Français. Au contraire, je pense que les limites de la Macronie se mettent en évidence; néanmoins, sa ligne générale n’est pas forcément dénuée de fondement, et il faut être honnête pour le reconnaître.
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