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Ce passage est extrait d’une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Pour le visionner dans son intégralité, cliquez sur la vidéo.
Pilis est une bourgade rurale de la campagne hongroise où Károli Losó avait l’intention de s’installer. « Je reviendrais ici pour y habiter, si c’était possible, car nous y avons vécu il y a une dizaine d’années », raconte-t-il. À l’automne dernier, avec son épouse, ils avaient même acquis, à bon prix, une petite maison à rénover, située au milieu d’un vaste terrain. Mais aujourd’hui, il ne peut que la contempler de loin. Quelques semaines après leur installation, des tensions surgissent avec une voisine. Le maire leur ordonne de quitter les lieux. « Il est venu, nous a dit que nous avions deux semaines pour partir d’ici. Peu importait ce qui nous arriverait ou où nous irions. Deux semaines, sinon il nous expulsait manu militari », se rappelle Károli Losó.
L’argent versé pour l’achat de leur demeure a été remboursé par la mairie, désormais propriétaire. Mais pour Károli Losó, qui appartient à la minorité rom en Hongrie, l’épisode demeure difficile à avaler. « C’est du racisme. Ce maire, peu importe son appartenance, c’est un raciste. Il s’en prend aux Tsiganes. Dès qu’il en voit un, il ne le laisse pas entrer », affirme-t-il.
La possibilité de sélectionner les nouveaux habitants d’une commune, en Hongrie, existe désormais grâce à une loi adoptée l’été dernier. À Pilis, qui compte environ 12 000 habitants, cette pratique est devenue la norme. Sous l’impulsion du maire, Atilla Lázló, parler hongrois, ne pas avoir de démêlés avec la justice ou encore ne pas être au chômage figurent parmi les critères fixés par un arrêté municipal. En plus, la mairie bénéficie d’un droit de veto. « Parce que nous voulons décider avec qui nous souhaitons vivre à Pilis. C’est cela l’essentiel: nous voulons des habitants qui mènent une vie normale », résume l’élu.
D’autres communes demandent des sommes d’argent
Quelle définition d’une vie « normale » Atilla Lázló prête-t-elle à cette expression ? Avant d’accéder à la fonction de maire pour un parti d’extrême droite, il avait fondé la Légion nationale, une milice d’autodéfense qui proclamait vouloir lutter contre la délinquance tsigane. Aujourd’hui, il est accusé d’utiliser ses critères d’installation pour empêcher certaines minorités de s’établir dans sa commune, et leur application varie d’un endroit à l’autre. « Cela veut-il dire que moi, je n’ai pas le droit de m’installer chez vous ? », lui demande-t-on. « Vous ne parlez pas le hongrois. Mais malgré cela, vous, vous pouvez vous installer », répond-il.
À Pilis, où les différentes branches de l’extrême droite sont arrivées largement en tête lors des dernières élections, l’introduction de ce système de sélection ne provoque guère d’émoi. De l’autre côté de la ville, Ferenc Krájnyák termine tranquillement d’aménager son jardin. Il vient d’obtenir l’autorisation officielle de la mairie et il ne voit rien à redire à ce dispositif : « C’est un certificat qui atteste que je peux être domicilé à Pilis. Cela signifie que je le mérite. Pour moi, ce n’est pas de la discrimination », affirme-t-il.
Comme Pilis, près d’environ 200 communes hongroises procèdent à une sélection de leurs habitants, et chacune applique ses propres critères, certains allant même jusqu’à exiger un paiement afin de dissuader les populations les plus défavorisées.







