La députée européenne a été placée en garde à vue le 2 avril.
L’eurodéputée LFI Rima Hassan a pris la parole, jeudi 16 avril, pour dénoncer les manquements observés chez les policiers, quinze jours après que des fuites dans les médias aient évoqué sa garde à vue. À l’époque, une information laissant penser qu’elle détiendrait de la drogue avait circulé, puis a été démentie. «Étant donné la gravité potentielle de ces manquements susceptibles d’avoir été commis, il est indispensable qu’une enquête intervienne rapidement», a déclaré à l’AFP l’avocat de Rima Hassan, Vincent Brengarth.
Cette figure politique franco-palestinienne avait été convoquée et placée en garde à vue le 2 avril, à la suite d’une publication sur X qui avait ensuite été effacée. A l’issue de cette procédure, le parquet avait annoncé qu’elle serait jugée pour apologie du terrorisme.
Le recours à une détention sans nécessité, les recherches «disproportionnées» de sa géolocalisation sur trois mois, des questions sur sa pratique religieuse et les valeurs de la République… La défense de l’eurodéputée dénonce une série de «manquements» des policiers du 2e district de police judiciaire.
Des investigations d’une ampleur totalement disproportionnée
Elle déplore aussi une étude de la géolocalisation de son téléphone sur trois mois, l’exploitation de son emploi du temps ou des recherches auprès d’Air France, des investigations «totalement disproportionnées» selon elle et sur lesquelles Mediapart se penche également dans une enquête publiée jeudi. «Dans cet article, je ne relève aucun acte qui ne relève d’une autre autorité que le pouvoir judiciaire qui est un pouvoir indépendant et qui doit pouvoir mener ses investigations comme il l’entend», a réagi devant les députés le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, lors des Questions au gouvernement.
En cause notamment selon elle, la façon dont les PV des policiers ont pu faire état de la présence potentielle de 3-MMC – une drogue de synthèse – dans des capsules, bien que Rima Hassan leur ait indiqué «spontanément» qu’il s’agissait «de CBD acheté parfaitement légalement».
Les policiers «ont immédiatement mentionné» cette drogue de synthèse sans test approfondi, de façon «aussi hâtive qu’injustifiée», assure la défense de l’eurodéputée. Ils ont aussi nommé le scellé «3-MMC» «avant tout test en laboratoire», dénonce-t-elle.







