Une telle disposition pourrait se déclencher lorsque survient une rupture significative dans la ligne éditoriale d’une maison d’édition, à l’image de ce qui est prévu pour les journalistes.
La sénatrice socialiste Sylvie Robert a plaidé, le jeudi 16 avril, en faveur d’une loi d’urgence destinée à instaurer une clause de conscience pour les auteurs, en réaction à la mobilisation de 115 écrivains qui ont décidé de ne plus publier chez Grasset afin de dénoncer le licenciement du PDG Olivier Nora. « Je souhaite une loi d’urgence, discutée avec toutes les parties prenantes, pour protéger les auteurs et leur reconnaître une clause de conscience », a écrit la sénatrice d’Ille-et-Vilaine dans un communiqué transmis à l’AFP.
À l’image des journalistes, cette disposition pourrait être déclenchée « en cas de changement radical dans la ligne éditoriale » et ouvrirait droit à certains droits ou indemnités, selon la sénatrice qui a multiplié ces dernières années les travaux sur la filière du livre. « Il faut accompagner les auteurs qui se voient imposer brutalement un nouvel éditeur, du jour au lendemain », a-t-elle expliqué à l’AFP, précisant vouloir lancer des concertations dans les plus brefs délais avec le secteur et le ministère de la Culture. « C’est une question d’indépendance éditoriale », a-t-elle ajouté.
Des engagements encore en cours chez Grasset
Le milieu habituellement feutré de l’édition française a été bouleversé par une initiative sans précédent: 115 écrivains ont choisi de refuser de publier de nouveaux livres chez Grasset pour protester contre le licenciement de son PDG Olivier Nora, qu’ils tiennent pour responsable, selon eux, du rôle d’un homme d’affaires extrêmement conservateur, Vincent Bolloré. Parmi les signataires de la lettre ouverte, certains disposent encore de contrats en cours chez Grasset, d’autres ont quitté la maison mais leurs catalogues et les droits afférents y demeurent juridiquement attachés.
Plusieurs d’entre eux envisagent une action en justice pour récupérer leurs droits, espérant notamment faire émerger une clause de conscience pour les écrivains.







