Le Parti socialiste n’a pas encore désigné de candidat en vue de la présidentielle de 2027 ; néanmoins, il s’est doté d’une première ébauche de son programme comprenant des mesures fortes.
Le Parti socialiste cherche à peser sur le débat public. À l’approche d’un scrutin présidentiel dans moins d’un an, les socialistes dévoilent leurs idées, destinées à forger le socialisme du XXIe siècle, dans un document de 144 pages baptisé « Vivre libre ». L’objectif principal reste d’unir la France. « Nous devons ranimer l’unité d’un pays qui porte une douleur profonde et qui figure mal dans les classements mondiaux du bonheur », déclare l’eurodéputée Chloé Ridel, responsable du dossier.
Pour prendre l’initiative face à la machine bien huilée de la France insoumise, le PS mise sur la protection du pouvoir d’achat. « Il faudra demain augmenter les salaires, revaloriser le Smic, mettre en place une vraie démocratie sociale dans notre pays », appuie l’eurodéputée. Le parti ambitionne ainsi d’atteindre près de 1 700 euros nets par mois au Smic. Concernant les retraites, les socialistes défendent toujours un départ à 62 ans et un système fondé sur la répartition. Dans ce document, ils annoncent aussi vouloir instaurer la taxe Zucman de 2 % sur les patrimoines supérieurs à cent millions d’euros. Ils souhaitent par ailleurs mettre en place un « impôt sur les grandes successions », au-delà d’un seuil de 200 000 euros.
Miser sur l’éducation
Le PS veut aussi conférer à l’éducation une place centrale dans le débat présidentiel, en envisageant de « passer à 19 élèves maximum par classe ». Cette mesure sera appliquée dans l’ensemble des classes de France, et pas seulement dans les établissements dits « prioritaires ».
Les socialistes souhaitent également contrer l’extrême droite en s’emparant de son terrain: celui de l’insécurité. Et même « les insécurités », insiste Chloé Ridel. « Nous ne nous contenterons pas de répondre à l’insécurité liée à la délinquance, mais nous aborderons aussi tous les autres types d’insécurité que la droite et l’extrême droite omettent de mentionner : l’insécurité ressentie dans un désert médical et encore l’insécurité environnementale. » Cette première mouture du programme du PS n’est pas encore chiffrée. Le texte doit encore être enrichi par les militants, qui disposent de six semaines pour amendements et pour le faire voter avant l’été.
Pour le moment, ce projet ne dispose pas d’une personnalité clairement désignée pour l’incarner lors de la prochaine présidentielle. Aujourd’hui, une partie des socialistes plaide pour une primaire avec les écologistes afin de désigner un candidat commun. Une autre fraction du PS préfère imposer un candidat socialiste.







