Selon les propos tenus par le lobbyiste Robert Bourgi dans une émission diffusée sur France 2, il aurait été l’intermédiaire chargé d’offrir à l’ancien ministre des Affaires étrangères deux statuettes de Napoléon, dont l’une aurait été financée par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso.
À la suite des révélations faites par Complément d’enquête, Dominique de Villepin, qui demeure une perspective de candidature à l’élection présidentielle de 2027, a remis au ministère des Affaires étrangères deux statuettes qui lui avaient été offertes durant son passage au Quai d’Orsay. Cette démarche a été communiquée par son entourage à 42mag.fr, lundi 4 mai.
Lors de l’émission diffusée le jeudi 30 avril sur France 2, le lobbyiste Robert Bourgi avait assuré avoir joué le rôle d’intermédiaire pour offrir à Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères de 2002 à 2004, deux statuettes de Napoléon acquises par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, et par l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci.
« Dès la semaine dernière, conformément à ses engagements, Dominique de Villepin a pris contact avec le Quai d’Orsay afin de remettre au ministère des Affaires étrangères les statuettes qu’il avait reçues, à l’occasion d’anniversaires, au début des années 2000, de la part de Robert Bourgi », a précisé son entourage.
Une évaluation contestée
Robert Bourgi, figure des réseaux de la Françafrique, avait affirmé que ces objets avaient été achetés respectivement pour 75 000 euros et 50 000 euros, soit une somme totale de 125 000 euros. L’entourage de Villepin assure toutefois que les montants réels se situent « quatre à cinq fois en dessous ». Cette estimation de 125 000 euros, toutefois, a été confirmée par un responsable de la galerie de Souzy, où les achats avaient été réalisés à l’époque.
Dominique de Villepin a aussi assuré qu’il pensait que ces cadeaux avaient été financés par Robert Bourgi et qu’il n’en connaissait pas l’origine exacte. Ses partisans dénoncent ces accusations comme des manœuvres destinées à régler des comptes politiques et à dresser un écran de fumée au moment où Nicolas Sarkozy est à nouveau confronté à la justice.
Robert Bourgi, fidèle soutien de l’ancien président, avait laissé entendre dans « Complément d’enquête » que Nicolas Sarkozy, qui entretient de longue date des rapports difficiles avec Villepin, n’aurait aucun lien avec ces révélations.
Dominique de Villepin n’a pas encore officialisé une candidature pour 2027, mais ses ambitions ne cachent pas ses objectifs. Bourgi avait déjà joué un rôle déterminant dans l’échec de la campagne présidentielle de François Fillon en 2017, après des révélations concernant des costumes d’une valeur de 13 000 euros qu’il aurait offerts à l’ancien Premier ministre. Par ailleurs, en 2011, Bourgi avait affirmé avoir apporté à Jacques Chirac et à Villepin des valises de billets originaires de pays africains entre 1997 et 2005, une information qui avaient conduit à une instruction classée sans suite.







