La hausse marquée des tarifs de l’essence et du gazole se manifeste de manière tangible en zone rurale, là où cette inflation pèse déjà fortement sur le quotidien. Reportage réalisé en Ille-et-Vilaine.
Cette portion provient d’une transcription partielle du reportage ci-dessus. Pour le visionner dans son intégralité, cliquez sur la vidéo.
À la jonction des départements de l’Ille-et-Vilaine, de la Manche et de la Mayenne se trouve Le Ferré, une commune qui rassemble 732 habitants. L’autoroute se situe à une dizaine de kilomètres. Le commerce local est majoritairement clos. Malgré l’envolée des coûts du carburant, l’automobile demeure indispensable pour beaucoup d’habitants, comme en témoigne Charlotte Perraguin : « Pour faire les courses, il faut se rendre dans des villes un peu plus éloignées. La pharmacie, les médecins, et d’autres services, tout cela se fait inévitablement en voiture. »
Cette architecte parcourt également environ 130 km chaque jour pour se rendre à son travail à Rennes. Les stations-service deviennent ainsi une source d’inquiétude. Elle dépense près de 500 euros par mois en carburant, soit environ 150 euros de plus depuis l’augmentation des tarifs. « On sacrifie les économies qui pourraient financer les vacances, les travaux, ou quelques petits plaisirs au quotidien, on rogne dessus », souffle-t-elle.
Le maire dénonce une injustice
Apprendre à s’adapter, à chercher des alternatives, est devenu le quotidien des habitants des zones rurales. Charlotte Perraguin et son compagnon avaient le rêve de retaper leur maison de leurs propres mains. Un projet de vie bouleversé par la crise : « On travaille, pour ainsi dire, à 50 % pour rembourser le prêt et pour l’essence, et 50 % pour le reste. Aujourd’hui, les travaux ont été mis en suspens afin d’obtenir des revenus supplémentaires. »
Dans le bourg, la flambée des prix du carburant a aussi modifié les habitudes de consommation. Une supérette ouverte il y a un mois leur permet de laisser leur voiture au garage. « Parfois on a besoin d’un petit truc, on n’ira pas faire 4 km pour acheter un morceau de fromage… », résume l’un des habitants. Pour Louis Pautrel, le maire (sans étiquette), cette situation renforce la fracture entre la France des villes et celle des campagnes : « Dans les pôles urbains dotés de métros, de tramways et de lignes de bus, ces personnes n’ont pas à subir la hausse des carburants. Et c’est ce qu’on appelle une injustice. » Il espère encore que les recettes provenant de la taxe sur les carburants seront redistribuées par le gouvernement vers les Français les plus touchés, notamment ceux des zones rurales.







