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Accueil » Culture » Des photographies lèvent le voile sur la scène underground du tatouage au Japon dans les années 1950
Culture

Des photographies lèvent le voile sur la scène underground du tatouage au Japon dans les années 1950

Simon BornsteinPar Simon Bornstein29 mars 2024
Des photographies lèvent le voile sur la scène underground du tatouage au Japon dans les années 1950
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Takagi Akimitsu, l'un des romanciers policiers les plus prolifiques et les plus connus du Japon du XXe siècle, était également un brillant photographe. Un livre français représentant ses photos du Tokyo des années 1950 a récemment été exposé au Salon international du tatouage à Paris.

Akimitsu est né en 1920 et décédé en 1995. Il a acquis son surnom de « l'écrivain tatoueur » après son premier livre. Shisei Satsujin Jikenk a été publié en 1948, qui traite des meurtres de tatoués à Tokyo.

En 2017, la première traduction française de ce livre (Irezumi en français) fut libéré et le journaliste Pascal Bagot, qui faisait depuis 15 ans des recherches sur le tatouage traditionnel japonais, décida de contacter les héritiers de l'écrivain.

Lors d'une rencontre à Tokyo, il apprend que Takagi a pris des centaines de photographies de personnes tatouées dans les années 1950, ce qui l'a amené à publier un livre de photographie intitulé L'écrivain de tatouage en 2022.

42mag.fr : Comment Takagi a-t-il pris ces photos qui sont présentées au Salon international du tatouage ?

Pascal Bagot : Takagi a fait la connaissance de tatoueurs et de certaines personnes tatouées lors de l'écriture de son premier livre.

Il était tellement intéressé et passionné par le tatouage japonais qu'il a commencé à le documenter. Il aimait aussi prendre des photos et utilisait un appareil photo moyen format.

Les photos sont absolument étonnantes et ont une valeur artistique et historique pour les historiens, les sociologues et les amateurs de tatouages ​​traditionnels.

Je suis en charge de promouvoir cette collection et de la publier.

Membres de l'Edo Chōyūkai lors d'une réunion à la cascade Nanushi dans un parc public de Tokyo (vers 1955).
Membres de l'Edo Chōyūkai lors d'une réunion à la cascade Nanushi dans un parc public de Tokyo (vers 1955). © Akimitsu Takagi, avec l'aimable autorisation de Pascal Bagot

42mag.fr : Que savez-vous du des hommes tatoués photographiés près d'une cascade à Tokyo ?

BP : Je fais toujours des recherches pour savoir exactement qui sont ces personnes.

Ce que je sais jusqu'à présent, c'est qu'ils ont créé un club au début du 20ème siècle, composé de personnes gardant la tradition du vieux style de tatouage de Tokyo. C’est peut-être le plus ancien club de tatouage au monde.

Ces gens se rassemblent dans un parc public et passent un bon moment à socialiser. Ce sont principalement des menuisiers, des artisans, des pompiers, etc. Des gens issus de la classe ouvrière.

42mag.fr : Se faire tatouer était-il autorisé à cette époque au Japon ?

BP : Au Japon, le tatouage a été officiellement interdit à la fin du XIXe siècle et pendant environ 70 ans, jusqu'en 1945.

Ça avait vraiment une image négative au Japon à cause de cette interdiction… et parce que la mafia et la yakuza ont commencé à l’adopter comme un signe de leur style de vie étranger.

42mag.fr : Quelle était la méthode traditionnelle de tatouage japonais utilisée à cette époque ?

BP : La technique traditionnelle de style manuel utilisée est appelée tebori. Cela signifie sculpter à la main.

On utilise des bâtons de bambou ou de bois… dessus on met des aiguilles puis, à l'aide de la main gauche, on tend la peau et on perce la peau en répétant un mouvement avec l'outil.

C'est censé être moins traumatisant que la machine.

Étonnamment, c’est une technique très populaire en ce moment. De nombreux Occidentaux reviennent à cette technique pour le savoir-faire artisanal, l'authenticité mais aussi pour la qualité des résultats.

Femmes tatouées par les maîtres tatoueurs japonais Horiuno II et Horigoro III, Tokyo, ca.  1955.
Femmes tatouées par les maîtres tatoueurs japonais Horiuno II et Horigoro III, Tokyo, ca. 1955. © Akimitsu Takagi, avec l'aimable autorisation de Pascal Bagot

42mag.fr : On voit beaucoup de femmes tatouées dans la série photo…

BP : Il s’agit d’un aspect très spécifique de ces archives photographiques.

Cela peut s'expliquer par la relation entre Takagi et le tatouage, car il s'est vraiment intéressé au tatouage lorsqu'il était enfant.

Il est allé aux bains publics avec sa mère quand il était très jeune et là, il a vu des femmes tatouées et cela a changé sa vie.

C'est pour cela que lorsqu'il a commencé à documenter les photos, il a vraiment porté une grande attention aux femmes parce qu'elles avaient quelque chose de spécial, une sorte d'aspect érotique et fantasmagorique (onirique) aussi.

C'est très intéressant de voir ces femmes avec les mêmes gros et forts tatouages ​​que les hommes.

Tout cela était très intrigant pour le conteur qu’il était.


Cette interview a été légèrement modifiée pour plus de clarté.

★★★★★

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Simon Bornstein
Simon Bornstein

Simon Bornstein est un étudiant en journalisme et auteur à succès. Né à Montréal, Canada, Simon a grandi dans une famille où l'on se passionnait pour l'écriture et le journalisme. Il a commencé à écrire à l'âge de dix ans et a publié son premier article à l'âge de seize ans dans un journal local. Après avoir obtenu son diplôme de journalisme de l'Université McGill, il a déménagé à Toronto en 2018 pour poursuivre ses études. Il a été accepté à l'école de journalisme Ryerson University, où il a pu étudier le journalisme de profondeur et le journalisme numérique. Lors de ses études, Simon a réalisé plusieurs projets, dont un mémoire sur l'utilisation des réseaux sociaux par les médias.

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