Le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, convie mercredi après-midi à Matignon les groupes parlementaires pour discuter de l’offensive américano-israélienne dans le Golfe.
Un briefing opérationnel est suivi d’un temps dédié aux questions et réponses. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, réunit mercredi à partir de 15 heures, à Matignon, les formations politiques pour une séance d’information relative au conflit au Moyen-Orient. Cette entrevue, qui se veut confidentielle et où les téléphones seront interdits, a pour objectif de faire le point sur le déploiement militaire de la France ainsi que sur les questions liées au volet diplomatique, nous a confié l’entourage du chef du gouvernement à France Télévisions. Le débat abordera aussi les répercussions du conflit sur le pays, notamment « la sécurité intérieure, la situation des ressortissants français », ainsi que « la hausse des prix du carburant ».
Par ailleurs, le chef de l’État, Emmanuel Macron, a envoyé plusieurs unités militaires dans le Golfe afin d’établir une posture défensive visant à protéger les intérêts français et leurs alliés. La France a également lancé des opérations de rapatriement de Français pris au piège dans la zone et, sur le plan intérieur, mène des contrôles dans les stations-service pour vérifier qu’aucune hausse artificielle des prix des carburants n’est opérée.
Les responsables des partis ont été conviés à cette réunion, mais plusieurs présidents de groupes et de commissions parlementaires seront aussi présents, aux côtés des présidents du Sénat Gérard Larcher et de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet. Des ministres participeront également à la rencontre, en particulier sur les volets énergie, militaire et diplomatique. Avant ce rendez-vous, 42mag.fr fait le point sur les positions déjà exprimées par les forces politiques.
Le Rassemblement national
Sur l’engagement de la France dans le conflit. Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), a exhorté le chef de l’État à réunir les responsables des formations afin d’« éclairer le rôle de la France » et d’examiner les « enjeux sécuritaires, géopolitiques, économiques et énergétiques » liés à la guerre. Fait notable, le parti semble en partie adhérer à la ligne tracée par Emmanuel Macron. « Le cadre donné par le président, qui consiste à adopter une posture défensive, me paraît être le bon », a déclaré Marine Le Pen, cheffe des députés RN à l’Assemblée nationale, sur RTL le lendemain du discours présidentiel sur le sujet.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. Le RN préconise une réduction de la TVA sur l’énergie ainsi qu’un allègement de l’accise sur les produits pétroliers (ancien TICPE) afin d’alléger le fardeau des ménages, comme l’a expliqué Julien Odoul, porte-parole du RN sur 42mag.fr. Ces propositions se heurtent toutefois à des objections budgétaires: Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, a averti sur RTL que de telles mesures créeraient un déficit d’environ 20 milliards d’euros dans le budget de l’État, ce qui les rend pour l’instant « inconcevables ».
Renaissance
Sur l’implication de la France dans le conflit. Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, appelle à une organisation, par la France et l’Union européenne, d’une « coalition pour faire tomber le régime des mollahs et préparer l’après », a-t-il déclaré sur France 2. Il estime que « le droit international ne peut pas devenir une excuse pour ceux qui le violent régulièrement » et que la communauté internationale doit agir en conséquence.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. Amélia Lakrafi, députée Ensemble pour la République (EPR) représentant les Français établis au Moyen-Orient, s’indigne des tarifs pratiqués par les compagnies aériennes entre les pays du Golfe et la France et a promis d’aborder la question avec le ministre des Transports, Philippe Tabarot. « Il est inacceptable de payer des frais exorbitants pour rentrer à Paris », a-t-elle déclaré sur 42mag.fr. Sur le plan des carburants, Maud Bregeon et Roland Lescure, respectivement porte-parole du gouvernement et ministre de l’Économie, ont rappelé qu’il était « trop tôt » pour envisager des aides.
La France insoumise
Sur l’implication de la France dans le conflit. Mathilde Panot, députée et présidente du groupe LFI, a averti en mars que le pays doit veiller à ne pas s’engager dans une guerre illégale, et a pris clairement distance avec l’idée que la responsabilité du conflit reposait sur la seule France. Contrairement à Emmanuel Macron, elle a critiqué une intervention « décidée uniquement par Trump et Netanyahou ». Elle a aussi réclamé, sans succès, un débat parlementaire sur le conflit.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. Pour anticiper une éventuelle flambée des prix de l’énergie, Aurélie Trouvé, députée LFI, a déposé une proposition de loi prévoyant un blocage temporaire des tarifs de l’énergie en cas de crise majeure. Le texte prévoit, lors de circonstances exceptionnelles liées à une crise internationale affectant la production ou l’approvisionnement énergétique, de geler ou plafonner les prix de détail des carburants, du gaz naturel et de l’électricité pour une durée maximale de trois mois.
Le Parti socialiste
Sur l’implication de la France dans le conflit. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, attend de la réunion de mercredi une clarification des intentions françaises afin d’éviter que le pays ne soit entraîné « à son insu » dans un conflit qui n’est pas le sien. Il souligne que la France n’est pas liée aux choix d’acteurs comme Netanyahou et Trump et précise que cela n’exclut pas la nécessité d’un débat parlementaire.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. Dans le même entretien, il avance plusieurs propositions pour contrer la hausse des prix à la pompe, notamment un chèque énergie ciblé sur les plus vulnérables, conditionné aux revenus. Par ailleurs, Patrick Kanner, président des sénateurs socialistes, souhaite débloquer les stocks stratégiques de pétrole et propose le rétablissement des chèques carburant, selon des informations relayées par RMC.
Les Républicains
Sur l’implication de la France dans le conflit. Bruno Retailleau, président du groupe LR, a critiqué sur RTL la réaction « très tardive » de la France au début du conflit. Selon lui, il est inutile de se retrancher derrière le droit international pour justifier une passivité et il appelle à aider à l’interception de missiles et de drones, notamment au Liban. De son côté, Emmanuel Macron a déjà déclaré sur X son intention de tout mettre en œuvre pour « éviter que ce pays, proche de la France, ne soit à nouveau entraîné dans la guerre ».
Sur les conséquences du conflit pour les Français. L’ancien ministre de l’Intérieur a souligné sur Europe 1, en début de mars, qu’il faut « traiter le problème à sa source » car les finances publiques ne permettent plus de soutenir les ménages comme cela avait été proposé par d’autres formations.
Les Ecologistes
Sur l’implication de la France dans le conflit. Les Ecologistes dénoncent, dans un communiqué, « une opération militaire décidée en dehors de tout cadre légal international et sans mandat ». Ils plaident pour une solution diplomatique concernant le nucléaire iranien. Marine Tondelier, dans un billet de blog, affirme que le diagnostic posé par Emmanuel Macron, qui a promis de ne pas intervenir directement, est « juste », et elle salue les mesures de rapatriement des Français. Elle propose que la France porte une initiative diplomatique européenne visant le cessez-le-feu, la protection des civils et la relance des négociations sur le nucléaire iranien.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. En réponse à la hausse des coûts du carburant, Marine Tondelier appelle à une « politique énergétique fondée sur la sobriété et les énergies renouvelables » afin de réduire les tensions pour les ménages.
Le MoDem
Sur l’implication de la France dans le conflit. Si le MoDem suit globalement la ligne présidentielle, Bruno Fuchs, député du MoDem, indique qu’il attend de la réunion de mercredi des éclaircissements sur l’implication française et les efforts diplomatiques déployés pour trouver une issue au différend.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. Le parti rappelle qu’il ne faut pas reprendre le « quoi qu’il en coûte » tel qu’il avait été adopté lors de la crise sanitaire, et rappelle que les chèques carburant avaient coûté près de 100 milliards d’euros pendant la crise ukrainienne. L’élu rappelle qu’il faut rester prudent dans les promesses lorsque l’on est au pouvoir.
Le Parti communiste français
Sur l’implication de la France dans le conflit. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a affirmé sur X que « l’heure n’est pas à l’escalade, mais à la diplomatie », et que la France doit travailler avec les acteur régionaux pour obtenir un cessez-le-feu immédiat, mettre fin à l’escalade et faire respecter le droit international, tout en évitant que l’envoi du porte-avions Charles-de-Gaulle ne fasse de la France un cobelligérant aux conséquences imprévisibles.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. À notre connaissance, le PCF n’a pas préconisé de mesures spécifiques propres.
Reconquête
Sur l’implication de la France dans le conflit. Invitée sur CNews, la députée européenne et figure de Reconquête, Sarah Knafo, a déclaré qu’elle « attendait » la chute du régime des mollahs sans, pour autant, prendre position sur les mesures que prendrait ou non le Gouvernement. Elle n’a pas tranché sur le rôle que la France devrait jouer dans ce contexte.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. Comme le RN, Reconquête plaide pour une réduction de l’accise sur les produits pétroliers d’environ 30 %, et ce « de manière pérenne, et pas seulement pour cette crise ». Le manque de recettes pour l’État serait comblé par un vaste plan d’économies publiques, et, en cas de rupture d’approvisionnement en carburant, elle propose de puiser dans les stocks stratégiques de sécurité nationale.







