Franceinfo a procédé à une comparaison des tarifs à la pompe pour chacun des points de vente et les a mis en regard de la moyenne nationale, dans un contexte de hausse des prix attribuée au conflit au Moyen-Orient. En se basant sur l’analyse des chiffres fournis par le ministère de l’Économie, on observe que les écarts demeurent modestes, mais qu’ils existent bel et bien; des disparités se manifestent même entre des stations situées à proximité l’une de l’autre.
Cette situation résulte directement du conflit qui se joue au Moyen-Orient. Le coût du pétrole a pris l’ascenseur après les premières frappes menées par Israël et les États‑Unis contre l’Iran, suivies par les représailles iraniennes qui ont atteint plusieurs pays du Golfe et perturbé les routes maritimes. Le baril de Brent s’est établi autour de 92 dollars mardi 10 mars, après avoir largement franchi la barre des 100 dollars la veille, tout en restant nettement au-delà du niveau observé en février. Cette flambée se répercute déjà sur les stations-service, où les prix à la pompe s’envolent également.
En comparaison nationale, entre le 27 février — veille des premières frappes en direction de l’Iran — et lundi, le SP95-E10, essence la plus consommée en France, a gagné 11 centimes, se fixant à 1,83 euro le litre, soit une hausse d’environ 6% et une augmentation d’environ 5 euros pour un plein moyen de 50 litres, selon les estimations de l’AFP. Le gazole n’est pas en reste, puisqu’il s’échangeait lundi à 2 euros le litre en moyenne, contre 1,72 euro le 27 février, ce qui représente une hausse d’environ 16%.
Mais qu’en est-il plus près de chez vous ? Nous avons scruté la base de données du site prix-carburants.gouv.fr. Cette plateforme, gérée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), met à disposition du public des informations de suivi des tarifs pratiqués par les stations-service situées sur le territoire hexagonal, y compris en Corse.
La carte ci-dessous est actualisée chaque matin.
Le résultat des calculs que présente la carte ci-jointe montre que les tarifs affichés restent globalement très voisins entre les stations, avec des écarts par rapport à la moyenne nationale qui ne dépassent pas 3% dans quatre stations sur cinq. Nous avons écarté les aires d’autoroute et retenu uniquement les tarifs dont la date de mise à jour remonte au plus tard au 2 mars. Le prix du GPL et du superéthanol E85 n’a pas été pris en compte dans ce cadrage.
Seules quelques stations se distinguent par des écarts importants par rapport à la moyenne. Ainsi, à Aillon-le-Jeune, en Savoie, les tarifs du 6 mars apparaissaient environ 8% sous la moyenne nationale. À l’inverse, les tarifs les plus élevés ont été relevés dans la station Avia de Vasles, dans les Deux-Sèvres, avec une hausse de 51% par rapport à la moyenne nationale. Le gérant explique ce delta par la taille de son commerce, qui complique selon lui les négociations avec les fournisseurs : « Nous sommes une petite station qui consomme moins de 2 000 litres de carburant par mois », précise à 42mag.fr M. Yattou, qui ne distribue par ailleurs que des carburants de type premium, le gazole Go+ et le SP98 pur.
Face à cette hausse qui frappe directement le portefeuille des automobilistes, le gouvernement a pour l’instant écarté l’idée d’instaurer de nouvelles aides à l’achat de carburant, mais il a annoncé un plan comprenant 500 contrôles dans les stations afin d’identifier d’éventuels abus tarifaires. Une première série de visites a déjà été menée, mettant en évidence « 15 ou 16% d’anomalies » dans les stations contrôlées, selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, et entraînant des sanctions dans environ 6% des cas, selon le ministre du Commerce Serge Papin. Certains points de vente « avancent masquées », en publiant en ligne des tarifs plus bas que ceux pratiqués sur place, a déploré ce dernier.







