Le candidat issu de l’alliance de la gauche qui se présente pour la mairie de Paris souligne que la France n’a pas été préalablement informée de ce conflit et rappelle que l’incertitude géopolitique peut engendrer des répercussions graves sur l’économie réelle.
Toujours en tête des sondages pour l’élection municipale à Paris, le candidat socialiste porteur de l’alliance de la gauche, Emmanuel Grégoire, est revenu dans « La Matinale » de 42mag.fr ce jeudi 12 mars pour évoquer le conflit au Moyen-Orient, tandis qu’Olivier Faure propose un chèque énergie afin d’aider les ménages les plus modestes à faire face à la hausse des prix du carburant. « Il faut bien aider ceux qui sont en fin de course », affirme le député de la 7e circonscription de Paris, qui déplore notre dépendance aux énergies fossiles.
Cette extrait provient d’une portion de la transcription de l’entretien ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour le visionner en intégralité.
Alix Bouilhaguet : Hier, Sébastien Lecornu a réuni l’ensemble des formations politiques. Garantir la défense sans s’impliquer dans le conflit, c’est la ligne défendue par la France selon Emmanuel Macron. Pour vous, est-ce le bon équilibre ?
Emmanuel Grégoire : Nous n’avons pas été informés préalablement de ce conflit, c’est ce que le Premier ministre a rappelé hier. La France n’a pas à se mêler d’un conflit qui échappe au cadre légal. Je n’éprouverai aucune larme pour le régime des mollahs, ce ne sont pas des démocrates et le peuple iranien mérite de recouvrir sa liberté. Cela dit, l’incertitude géopolitique a des conséquences lourdes sur l’économie réelle et je pense particulièrement au pouvoir d’achat des Parisiens et des Français.
Les Parisiens et les Français se ruent désormais dans les stations-service alors que le prix du carburant s’envole. Le chef de file des socialistes, Olivier Faure, appelle le gouvernement à verser un chèque énergie pour les ménages les plus modestes. La France a-t-elle les finances au ras des pâquerettes, est-ce une manœuvre démagogique ?
Non, car il faut bien aider ceux qui se trouvent en fin de parcours. Autrement dit, il existe des personnes qui, aujourd’hui, vont devoir retrancher des postes de leur budget alimentaire en raison de la hausse du pétrole et, demain encore, en raison de l’augmentation du gaz. C’est un sujet qui me préoccupe énormément à Paris, car les tarifs du gaz augmentent, et je pense qu’il faut agir. J’ai compris que le ministre de l’Économie et des Finances va s’occuper de la régulation des tarifs et des marchés, mais il faut aussi intervenir par un soutien direct envers les ménages les plus modestes.
Vous êtes candidat de l’Union de la gauche à Paris. Face à ces hausses des prix, comptez-vous proposer une aide directe, une subvention, une réduction à la pompe, ou un remboursement partiel pour les Parisiens ?
Ce n’est pas du tout le rôle des communes et, honnêtement, nous n’en avons pas les moyens. En revanche, cela démontre que cette crise révèle une problématique structurelle : notre dépendance aux énergies fossiles. On n’a ni pétrole ni gaz, et à chaque guerre, chaque opération de terrain ou de spéculation, nous sommes confrontés à des hausses de tarifs directement. Tout ce qui peut contribuer à nous défaire de cette dépendance doit être engagé. Cela passe notamment par la transition vers l’électrification du parc et par l’exploitation des énergies renouvelables. Quand on porte un discours écologiste, c’est aussi une question de souveraineté et cela vise particulièrement les catégories populaires.
Selon le dernier sondage Elabe, vous arrivez en tête à Paris avec 32 % devant la républicaine Rachida Dati, à 26 %. Mais, au second tour, tous les sondages donnent Sophia Chikirou, représentants des insoumis, en position de qualification. Vous avez déclaré refuser l’union. Cela signifie-t-il que vous acceptez potentiellement de perdre la mairie de Paris par division ?
Non, le sujet n’est pas la division, mais la cohérence du projet municipal. Nous avons scellé l’union dès le premier tour et aujourd’hui il s’agit d’un travail de conviction. J’exhorte les électeurs de gauche à faire le choix d’une ville qui demeure à gauche : le vote utile, c’est pour notre union et pour le bulletin Emmanuel Grégoire. On verra dimanche soir, mais je suis clair sur les alliances : je ne change pas d’avis tous les matins, car la politique consiste d’abord à défendre un programme municipal cohérent. Nous partageons une vision commune, nous avons construit cette union et je pense qu’elle va gagner.
Rachida Dati bénéficie tout de même d’une forte notoriété. Depuis 2020, elle est devenue l’opposante numéro un d’Anne Hidalgo, la maire de Paris. Elle a été à plusieurs reprises ministre. Vous, les Parisiens, qui vous connaissiez aussi longtemps comme premier adjoint d’Anne Hidalgo, vous êtes peut-être moins connus. Pensez-vous que cela peut être un handicap ?
Non, je suis convaincu que tout le monde la connaît ; pour ma part, je dois gagner en visibilité. Voilà l’enjeu de cette campagne. J’ai parcouru énormément le terrain, participé à des centaines de réunions publiques et rencontré des dizaines de milliers de Parisiens. Les passages médiatiques servent aussi à faire connaître notre projet. Et j’ai une conviction intime : une élection municipale ne se résume pas à une personne, c’est une élection de liste, d’équipe. Nous avons des maires d’arrondissement et des équipes actives sur le terrain. Nous avons compensé mon manque de notoriété par une présence de terrain constante et une disponibilité envers les Parisiens. D’ailleurs, les Parisiens savent souvent déjouer les pronostics et se montrent réfractaires aux figures les plus médiatisées.
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