Lors de son passage sur le plateau du journal de 20 heures, le mercredi 22 avril, Marine Tondelier est revenue sur le dossier relatif à la primaire de la gauche, sujet qui a suscité des critiques de la part de certaines personnalités politiques. Elle a dénoncé des tentatives visant à saboter ce processus et a inscrit sa position sur la nécessité d’une candidature commune, plaidant pour une unité avant l’élection présidentielle de 2027.
Cette portion provient d’une partie de la retranscription de l’entretien référencé ci-dessus. Pour en regarder l’intégralité, cliquez sur la vidéo.
Candidate à une éventuelle primaire de la gauche, Marine Tondelier est invitée sur le plateau du 20h par Jean-Baptiste Marteau le mercredi 22 avril. À la tête des Écologistes, elle revient sur le projet visant à désigner un unique candidat du bloc gauche pour l’élection présidentielle, une démarche attendue en octobre et qui ne fait pas l’unanimité.
Jean-Baptiste Marteau : Vous dites que la seule solution passe par cette primaire, mais elle paraît tout de même fragilisée. Des initiatives se multiplient ici et là, y compris une voix comme Yannick Jadot, qui était votre candidat lors de la dernière présidentielle. Est-ce qu’on va réellement assister à une primaire en octobre ?
Marine Tondelier : Je crois qu’un grand nombre de personnes, et c’est compréhensible dans le contexte actuel, se sentent un peu égarées. Je ne reproche pas à celles et ceux qui se sentent perdus. En revanche, celles et ceux qui voudraient nous déstabiliser, je ne les laisserai pas faire. J’ai rédigé un guide intitulé “Ce que nous vous devons”, consultable gratuitement sur mon site, où je liste les raisons pour lesquelles cette primaire me paraît indispensable. Nous traversons une période de crise majeure et, dans ce cadre, un camp qui paraît faible face aux grands défis serait condamné à être inaudible, inutile et même remplaçable. C’est ce qui nous attend réellement, et nos électeurs méritent mieux. D’ailleurs, 89 % des écologistes veulent une primaire, 87 % des socialistes, et 86 % de l’ensemble des électeurs de gauche et écologistes, je l’indique aux opposants d’Olivier Faure.
Sauf que de très nombreux responsables politiques de gauche n’en veulent pas ou, tout au moins, font tout pour la saborder.
Beaucoup d’hommes d’ailleurs, vous l’avez sans doute remarqué.
Peut-être, mais ils font tout, en tout cas, pour faire avorter cette primaire. S’il n’y a pas de primaire, y aura-t-il un bulletin Marine Tondelier dans un an à l’élection présidentielle ?
Les organisateurs, en ce moment, du bal des ego irréconciliables commettent une erreur grave, à la fois historique et politique, car cela représente un cadeau précieux pour nos adversaires. Je ne suis pas là pour annoncer ce que je ferai une fois qu’ils auront bloqué la voie: je suis là pour expliquer aujourd’hui comment, avec les écologistes, nous nous battons afin que cette primaire voie le jour. Cela fait désormais deux échéances électorales où la gauche n’a pas atteint le second tour. Ce que nous devons à nos électrices et à nos électeurs, c’est de les représenter fièrement dès le premier tour, jusqu’au deuxième et jusqu’au cœur même de l’Élysée. Nous avons besoin de changer leur vie, vraiment. J’ai présenté à nos partenaires 21 propositions qui réunissent les avis sur la table. Il existe une convergence autour de luttes communes, pour que les électeurs insoumis, communistes, socialistes et écologistes obtiennent gain de cause: l’environnement, la justice sociale et la sécurité.
Vous affirmez que cela fait deux présidentielles sans que la gauche ne soit au second tour, donc on s’oriente peut-être vers une troisième répétition si aucune primaire n’a lieu, ou si la gauche est trop éclatée ?
Ça paraît presque inévitable. Oui, c’est même une conséquence mathématique et nous ne laisserons pas faire.
Hier, lors d’une conférence de presse, vous avez déclaré : “Là où est partie LFI, on ne peut pas la suivre.” Il n’y aurait donc plus de discussions possibles avec les Insoumis. Est-ce un divorce irréversible, ou envisageable comme une séparation réconciliable, et que devient Jean-Luc Mélenchon ?
Je ne m’attarde plus sur Jean-Luc Mélenchon, car il y a une obsession générale qui nous fait perdre du temps; ce que je peux dire, c’est qu’il existe un scénario dans lequel les écologistes pourraient soutenir quelqu’un d’autre que l’écologiste lui-même à l’élection présidentielle. Si les électeurs de gauche et écologistes appellent à une personne, ce sont François et l’ensemble des électeurs qui finiront par voter pour elle. Cette personne deviendra alors légitime pour être soutenue par tous, former une équipe et porter un projet. C’est précisément ce à quoi nous aspirons, et ce que les écologistes souhaitent aussi atteindre. Nous disposons d’une candidature et d’un programme; vous pouvez consulter nos 500 propositions sur mon site. Vous pouvez même y contribuer, c’est une démarche démocratique. Nous sommes transparents quant à la manière dont nous élaborons notre programme et quant à la façon dont nous choisirons le candidat. La démocratie n’est pas l’apanage des autres ni réservé à la sixième République de demain. J’entends beaucoup de responsables politiques promettre davantage de démocratie à gauche, mais pas lorsqu’il s’agit de désigner leur candidat.
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