Pour l’exercice 2025, Stellantis présente une perte de 22 milliards d’euros, soit la deuxième perte la plus importante jamais enregistrée par un groupe français. Le géant de l’automobile, qui réunit les marques Peugeot, Citroën, Fiat et Alfa Romeo, subit notamment les répercussions d’un déclin du marché des véhicules électriques aux États‑Unis, tendance qui s’est accentuée depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump.
Ce passage fait partie de la retranscription du reportage évoqué plus haut. Pour le regarder dans son intégralité, cliquez sur la vidéo.
Pendant deux ans et demi, Lionel Dadan, mandataire automobile, n’avait enregistré aucune vente de véhicule issu du groupe Stellantis. Voir, récemment, une Peugeot 2008 trouver preneur lui rend désormais le sourire. Il l’a cédée pour 26 614 euros après une remise de 24 %, résultat d’une nouvelle politique tarifaire mise en place par le groupe. Depuis la fin de l’année 2025, les rabais se sont accentués. « La réduction est indispensable aujourd’hui, car le prix des véhicules demeure trop élevé. Certaines marques appliquent des remises beaucoup plus faibles, parce que leurs tarifs restent raisonnables. » « Cette remise est désormais nécessaire au groupe pour attirer les clients à l’achat d’un véhicule », précise-t-il.
Stellantis cherche à relancer ses ventes alors que sa situation financière s’est fortement dégradée en 2025 : 22,3 milliards d’euros de pertes, des résultats fragilisés par les droits de douane imposés aux États‑Unis, une concurrence chinoise très intense et les scandales entourant les moteurs PureTech ou les airbags Takata. Le nouveau directeur général, Antonio Filosa, pointe aussi du doigt une erreur stratégique : « Nos résultats pour l’année 2025 reflètent le coût d’une surestimation du rythme de la transition énergétique. »
Stellantis doit présenter son nouveau plan stratégique en mai 2026
En clair, il remet en question le pari de son prédécesseur sur l’électrique. Les salariés, inquiets, réclament désormais un plan clair indiquant la direction que l’entreprise compte prendre. « Nous attendons ce plan avec impatience. Il existe de nombreux sites de production, des sites dédiés aux moteurs et aux boîtes de vitesses, des usines terminales. Il y a un grand nombre d’emplois en France, et il est crucial que des garanties soient apportées », commente Benoît Vernier, le représentant CFDT de Stellantis à Sochaux.
Alors, quel avenir pour le groupe issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, qui regroupe quatorze marques ? « On savait au moment de la fusion que Stellantis avait probablement à la fois trop de marques et trop d’usines. Cette question n’est pas résolue pour l’instant et elle pourrait se résoudre dans la douleur si les volumes ne repartent pas », observe Bernard Julien, maître de conférences en économie à l’Université de Bordeaux, spécialiste de l’industrie automobile. Stellantis doit présenter sa nouvelle feuille de route stratégique en mai 2026.







