Ce jeudi, l’Assemblée nationale entamera l’examen de la loi Yadan, conçue pour lutter contre les formes d’antisémitisme qui se présentent sous une apparence renouvelée.
Selon Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement national et député de la Moselle, le RN va « très probablement » soutenir la proposition de loi Yadan, invoquant une « urgence à voter un texte sur l’antisémitisme en France ». Cette mesure initiée par le gouvernement doit être examinée par l’Assemblée nationale lors des sessions prévues jeudi et vendredi. Son objectif est de répondre aux formes récentes d’antisémitisme, qui apparaissent parfois derrière l’antisionisme.
« Est-ce que c’est un bon texte ? Non. Est-ce qu’il y a une urgence à voter un texte sur l’antisémitisme en France ? Oui. Est-ce que nous le voterons ? Très probablement. Pourquoi ? Parce qu’une fois encore, je ne sais pas ce qu’il y aura à la fin », explique le porte-parole du RN.
Le parlementaire met clairement en évidence la responsabilité de La France insoumise. « Il y a chez Jean-Luc Mélenchon et ses affidés une propension, à travers la critique d’Israël déguisée en antisionisme, de faire de l’antisémitisme crasse », affirme-t-il. « Il y a un antisémitisme 2.0, celui d’extrême gauche, largement représenté au sein même de l’Assemblée, avec des gens qui ont pignon sur rue et qui crachent leur haine du matin au soir », ajoute-t-il.
L’évolution du texte
Laurent Jacobelli estime que la loi actuelle ne suffit pas aujourd’hui à lutter efficacement contre l’antisémitisme. « Il y a une forme d’apologie du terrorisme déguisée. Quand on dit qu’on veut l’éradication d’Israël, même avec des termes choisis, cela veut dire l’extermination d’un peuple », affirme-t-il.
La loi Yadan suscite une vive opposition, notamment du côté de La France insoumise. Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, a dénoncé jeudi sur 42mag.fr la « masse de désinformation » et une « vague de haine et de cyberharcèlement ».
Plus de 700 000 personnes ont signé une pétition contre le texte, et la Commission nationale consultative des droits de l’homme alerte sur des risques pour la liberté d’expression. Laurent Jacobelli dit comprendre ces inquiétudes : « La première version du texte nous avait donné les mêmes inquiétudes sur la liberté d’expression, qui est un droit sacré et qu’il faut préserver. En revanche, le texte a progressé, certains doutes ont été levés ».
Selon lui, avec cette loi, « l’idée est d’attaquer l’antisémitisme et non la liberté d’expression. C’est en fonction de cet équilibre que nous voterons au final ».







